Le photographe de presse gantois Simon Clément a obtenu un visa de sortie de l'Inde et est rentré ce jeudi matin en Belgique. Il était accueilli à l’aéroport par sa famille et des amis. Le photographe avait été autorisé le mois dernier à quitter l'Inde, après avoir été retenu presque trois mois sur place, en détention puis dans l’attente de l’issue de son procès. Clément envisage une action en justice contre l’Etat indien : "Je ne me laisse pas intimider".
Le photographe de presse Simon Clément de retour en Belgique après un séjour forcé de 3 mois en Inde
Simon Clément, qui travaille notamment pour les publications Trouw et Apache, a été interpellé début mars dans le nord-est de l'Inde, dans l'État du Mizoram, près de la frontière avec le Myanmar. Les autorités indiennes le soupçonnaient d'avoir franchi illégalement la frontière.
Le photographe de presse gantois était également en possession d'une douille de balle vide, qui n'était qu'un simple souvenir, selon lui. Les lois locales sur les armes à feu prévoient des exceptions pour les douilles de balles. Mais de telles activités sont sensibles en Inde car des insurgés indiens se cachent au Myanmar voisin, un pays profondément divisé, avec de nombreux groupes armés. Il y a quatre ans, Aung San Suu Kyi avait d'ailleurs été destituée de son poste de chef du gouvernement et emprisonnée par des putschistes.
Intimidations
Au total, Simon Clément aura passé dix-sept jours en détention. Dans de mauvaises conditions, au sujet desquelles il n’a encore pu s’exprimer librement. Après avoir été libéré sous caution, il a dû rester en Inde jusqu'à l'issue du procès. Le photographe belge qualifie son arrestation d’intimidation des autorités indiennes. "A un certain moment, j’ai été interrogé par presque 20 personnes. Elles voulaient avant tout savoir à qui j’avais parlé". Sur le chemin de retour vers la Belgique, la tension est à nouveau montée. "A New Delhi, on n’a d’abord pas voulu me laisser passer. J’ai cru que j’allais à nouveau être arrêté".
Au tribunal, Simon Clément a finalement été acquitté sur toute la ligne. Il a atterri ce jeudi à 7h30 à l’aéroport de Zaventem. Mais il ne veut pas se laisser faire et envisage de porter plainte contre les autorités indiennes. "Je veux réclamer des dommages et intérêts parce que je n’ai pas pu travailler pendant 3 mois. En même temps, c’est un dossier symbolique avec lequel je veux aussi soutenir les citoyens et les journalistes en Inde".
Clément compte publier d’ici peu le récit de son emprisonnement. "Nous étions dans des cellules bondées où régnait la violence. Nous avons reçu peu de bonne nourriture. Une situation déplorable". Des photos de son voyage au Myanmar seront également publiées. Avant cela, il voulait revoir sa famille et ses amis "et manger des frites ou des croquettes".


