En Flandre, 140 hectares de zones boisées ont été la cible d'abattages sans permis l'année dernière. C'est trois fois plus que les 45 hectares de 2020, révèlent les chiffres demandés par la députée flamande Mieke Schauvliege (Groen) au ministre flamand de l'Environnement Jo Brouns (CD&V). Aux yeux de la députée écologiste flamande, il s'agit de "chiffres hallucinants". Près de la moitié des abattages illégaux se seraient produits dans la province du Limbourg. Le ministre Brouns affirme que le nombre d’abattages illégaux n’augmente pas mais que davantage d’infractions sont constatées en raison de la multiplication des contrôles.
En cinq ans, les abattages illégaux d'arbres ont triplé en Flandre
En 2020, la surface de forêts abattues sans permis était encore de 45 hectares. En 2023 et 2024, elle était de 130 et 140 hectares. C'est dans la province du Limbourg que les problèmes sont les plus graves: près de la moitié de la déforestation illégale en 2024 y a été observée.
"En cas de déboisement illégal, l'inspection ordonne le reboisement, mais les dégâts écologiques sont souvent énormes, car il faut des années pour qu'une forêt retrouve sa valeur d'origine. Un enfant sait qu'en plantant de jeunes arbres, on ne restaure pas une forêt ancienne et précieuse en un, deux ou trois ans", a réagi Mieke Schauvliege (photo).
En outre les auteurs peuvent, selon la députée écologiste, souvent échapper à l'obligation de replantation d'une zone qu'ils veulent bétonner, en entamant ensuite un processus de régularisation.
Selon Mieke Schauvliege, la hausse observée s'inscrit en contradiction flagrante avec l'ambition d'extension des zones boisées de 10.000 hectares à l'horizon 2030 affichée par le gouvernement flamand. Depuis 2019, seuls 2.244 hectares de bois ont été ajoutés, ce qui est loin de cet objectif.
Le ministre Jo Brouns répond que le gouvernement flamand mène non seulement des contrôles stricts, mais investit aussi dans la conservation et l’extension des zones boisées en Flandre. "La nature n’est d’ailleurs pas que les forêts. Il est important de planter des arbres aux endroits où ils ont toutes les chances de survivre. Ces prochaines années nous allons travailler avec les autorités locales à la poursuite de l’extension des zones boisées".
