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De petits groupes de touristes espagnols causent peu de nuisances à Bruges, à l'encontre de plus grands groupes.

Bruges et Gand se lassent des grands groupes de touristes trop bruyants qui viennent avec leurs propres guides

Les villes historiques de Bruges (Flandre occidentale) et Gand (Flandre orientale) voudraient limiter la taille des groupes de touristes qui leur rendent visite pour réduire les nuisances qu’ils entrainent. Il s’agit parfois de groupes de plus de 60 touristes, qui viennent avec leur propre guide, qui donne souvent des explications avec un micro amplifié. Ces groupes visitent souvent les deux villes flamandes en un seul jour. Ce seraient avant tout les toursopérateurs espagnols qui causent des nuisances. "La masse c’est de l’argent, mais la qualité s’y perd", regrette l’échevine au Tourisme brugeoise. La ville d’Anvers, plus grande que Bruges et Gand, se plaint moins des grands groupes de visiteurs pressés et bruyants.

Anne François
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La distance entre Gand et Bruges n’étant pas grande, les touristes qui viennent en Flandre peuvent facilement visiter les deux villes en un seul jour. Ils choisissent souvent Bruxelles comme base, pour y loger, et effectuent une excursion d’un jour en car vers Gand et Bruges. Certaines organisations touristiques proposent déjà l’excursion guidée d’une journée pour le prix de 40 à 50 euros par personne. Or, les tours les moins chers causent souvent des nuisances.

"Ces groupes viennent avec des guides qui connaissent à peine nos villes", constate Simon Vandekerckhove du touropérateur Legends of Bruges. Le même phénomène se produit à Gand. "Ce sont des groupes énormes, de plus de 60 personnes. Elles se placent au milieu de la rue et reçoivent des explications de leur guide avec des microphones amplifiés. C’est dérangeant et dangereux", estime Mieke Thienpont de l’association des guides gantois Gentse Gidsen.

Ce seraient avant tout de grands groupes de touristes espagnols qui créent pareilles nuisances. "Ils arrivent bruyamment et couvrent les voix des autres groupes", constate Pieter Deprey, coordinateur à la cathédrale Saint-Bavon de Gand. "Ils tiennent peu compte des autres visiteurs. Nous leur adressons la parole, mais cela ne change pas grand-chose. En plus, ils ne se rendent presque jamais dans la partie payante de la cathédrale, ni au magasin".

"C’est vrai que nous venons avec de grands groupes. Je comprends que cela soit dérangeant", reconnait un guide espagnol à Saint-Bavon. "J’essaye simplement de faire mon travail aussi bien que possible. J’ai peu de temps, parce que nous devons aussi visiter Bruges aujourd’hui".

Un grand groupe de touristes espagnols à la cathédrale Saint-Bavon de Gand.

Les organisateurs de ces voyages touristiques n’enfreignent aucun règle, mais leur manière de travailler soulève des questions. "La rémunération des guides est souvent mauvaise, ou sur base de pourboires", indique Mieke Thienpont à Gand. VRT NWS a pris contact avec certains organisateurs, mais n’a reçu aucune réaction.

Une atteinte à la réputation de tout le secteur

“Ce type de tourisme donne mauvaise réputation à l’ensemble du secteur. Ce qui est vraiment dommage. Nous optons justement pour des formules avec de petits groupes, pour leur donner des visites guidées sur mesure", souligne le touropérateur brugeois Simon Vandekerckhove.

Minou Esquenet, échevine au Tourisme à Bruges, critique le modèle économique des touropérateurs espagnols : "La masse c’est de l’argent, mais la qualité s’y perd. Les guides que ces touropérateurs envoyent avec leurs groupes ne savent souvent que peu de choses sur Bruges. J’ai déjà entendu des guides parler et j’ai pensé "au secours, que racontent-ils ?"."

Un guide espagnol, avec micro amplifié, devant le Château des comtes à Gand

La Venise du Nord est traversée par bien d’autres groupes de touristes internationaux, mais ils semblent créer moins de nuisances. Ils se déplacent en plus petits groupes, avec des guides locaux et suivent la visite avec des écouteurs.

Une partie du secteur touristique flamand nuance cependant les critiques. "C’est vrai que ces groupes travaillent souvent avec de jeunes guides très enthousiastes. Ils se font remarquer parce qu’ils utilisent parfois des parapluies colorés. Ils portent souvent un badge de la ville et sur la plateforme Tripadvisor ils reçoivent des critiques positives", nuance Michel Goeman du cercle de guides brugeois Gidsenkring Brugge.

De plus petits groupes et une formation obligatoire des guides

La ville de Bruges veut remédier aux nuisances en fixant des règles et des accords clairs. "Il faut introduire une modification du règlement de police”, estime l’échevine Minou Esquenet. "Nous sommes en train de voir comment limiter la taille des groupes à une vingtaine de touristes".

"Je voudrais aussi introduire un système de qualité, pour veiller à ce que tous les guides aient reçu au moins une ou deux heures de formation. Afin qu’ils sachent ce qu’ils faut raconter aux touristes", conclut l’échevine brugeoise.

Un groupe de touristes écoute la guide munie d’un drapeau qui le précède dans la Katelijnestraat à Bruges.

Suivre l’exemple de Bruges

A Gand, on suit avec intérêt ce que Bruges va faire pour limiter les nuisances de grands groupes de touristes. "Nous pensons introduire des mesures similaires", indique l’échevine gantoise Sofie Bracke. "Les villes d’art flamandes doivent harmoniser leurs règles. Cela rend les choses plus claires pour les groupes étrangers. Mais nous devrons aussi appliquer les nouvelles règles, sinon cela n’a pas de sens".

Bruges compte donc introduire des mesures à court terme pour limiter les grands groupes de touristes sur son territoire. Gand attend encore que les discussions budgétaires soient terminées. "J’espère avoir un plan politique d’ici la fin de cette année, qui aborde également le surtourisme", conclut Sofie Bracke.

La belle ville de Gand

Anvers est moins gênée par les grands groupes de touristes

Les guides de la ville d’Anvers affirment pour leur part que les grands groupes de touristes causent moins d’inconvénients qu’à Bruges ou Gand. "La situation est plus nuancée à Anvers parce que la ville est plus grande et que les touristes peuvent davantage s’y disséminer", souligne Frank Van De Heijning, l’un des guides de la métropole.

"Mais à Anvers aussi nous avons à certaines périodes de grands groupes de touristes. Cependant ils causent moins de nuisances, notamment en utilisant des écouteurs pour les visites guidées. Et puis Bruges et Gand n’accueillent souvent les touristes que pour une demi-journée, tandis qu’à Anvers ils prennent davantage le temps de visiter".

La Ville d’Anvers régule et limite peu le secteur touristique, indique encore Frank Van De Heijning. Les guides se concertent donc entre eux. "Nous avons notamment une charte qui stipule que nous n’utilisons pas de haut-parleurs pour guider, parce que cela crée des nuisances sonores. Les guides étrangers ne sont pas liés à cette charte, mais nous leur adressons la parole quand les choses deviennent incontrôlables".

Selon Van De Heijning, la ville d’Anvers ne prévoit actuellement pas de modifier le règlement de police pour fixer un nombre maximum de touristes par guide. Elle impose d’ailleurs peu de limites aux guides. "En principe, chacun peut devenir guide à Anvers. Notre propre organisation nous impose une formation et un certificat linguistique, mais on peut s’en passer pour guider dans la ville".

"Autrefois, je trouvais que pareille formation était indispensable", confie Frank Van De Heijning. "Maintenant j’entends parfois des guides sans formation qui font de belles promenades guidées dans la ville".

La Grand-Place d'Anvers attire beaucoup de touristes

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