La dernière exploitation de fraises de pleine terre à Landegem (Flandre orientale) va fermer ses portes. "C’est trop intensif en main-d’œuvre", expliquent l’agriculteur Patrick et son épouse Carine. Dans le même temps, la culture hydroponique gagne en popularité. "Aucune différence de goût n’a pu être démontrée", estime Dany Bylemans, directeur du Centre de recherche fruitière.
Les fraises de pleine terre supplantées par l’hydroponie : un impact sur le goût ?
"Nous sommes les derniers cultivateurs de fraises de pleine terre dans la région", déclare Patrick Hinion (61 ans). Avec son épouse Carine Van de Woestijne (63 ans), il dirige la ferme Oosterhoeve à Landegem, en Flandre orientale.
"Nous avons décidé d’arrêter, car nous passons nos journées à genoux. C’est éprouvant pour le dos. Nous devons aussi penser à notre santé."
Le couple a cultivé des fraises pendant plus de 30 ans. "Nous avons trois petits-enfants à qui nous voulons consacrer du temps. Ce n’était pas une décision facile, mais il faut savoir trancher à un moment donné."
Il est difficile de trouver des personnes prêtes à travailler toute la journée courbées, souvent en plein soleil.
Dany Bylemans, directeur du Centre de recherche fruitière.
Sur Radio 1, dans l’émission "De Wereld Vandaag", Dany Bylemans, directeur du Centre de recherche fruitière, confirme le déclin marqué de la culture de fraises de pleine terre ces dernières années. "Il est difficile de trouver des personnes prêtes à travailler toute la journée courbées, souvent en plein soleil. C’est un métier physiquement exigeant, et la main-d’œuvre se fait rare."
Les avantages de l’hydroponie
L’alternative est la culture hydroponique. "Les fraises ne poussent plus dans la terre, mais dans un substrat spécialisé. Elles reçoivent, en plus de l’eau, des nutriments qui permettent d’optimiser leur goût", explique Dany Bylemans. Selon lui, l’hydroponie présente plusieurs avantages : "Les fraises poussent à hauteur des yeux, ce qui permet de les cueillir en restant debout."
De plus, les fraises cultivées en pleine terre sont vulnérables aux maladies des racines, qui sont difficiles à traiter et provoquent la mort des plants. "En cas d’infection fongique, les racines ne peuvent plus absorber ni l’eau ni les nutriments."
Enfin, la culture hydroponique offre un meilleur contrôle des conditions météos. "Puisqu’elle se fait souvent sous serre, on peut mieux maîtriser la culture. Il est possible d’agir sur plusieurs facteurs et de ne plus dépendre des conditions météorologiques."
Et le goût dans tout ça ?
Les fraises cultivées en pleine terre sont-elles plus savoureuses que celles issues de l’hydroponie ? "On ne peut absolument pas l’affirmer", répond Dany Bylemans.
"Il est possible qu’il existe des différences, mais aucune étude n’a permis de démontrer que des panels de dégustation peuvent réellement distinguer les fraises cultivées en pleine terre de celles cultivées hors-sol, à condition qu’elles soient bien produites."
