Aller au contenu principal

Le port d’Anvers engorgé : jusqu’à 44 heures d’attente pour les porte-conteneurs

Dans le port d’Anvers, les temps d’attente pour le traitement des porte-conteneurs sont actuellement très longs, allant jusqu’à 44 heures. C’est ce qu’écrit De Tijd, et le Port d’Anvers-Bruges confirme les problèmes. Les fluctuations des droits d’importation imposés par le président Trump, le faible niveau de l’eau du Rhin et les attaques des rebelles Houthis ralentissent considérablement le flux logistique.

Eric Steffens
Publié:

Tout comme dans d'autres ports européens, il faut depuis des mois un temps particulièrement long pour effectuer l’ensemble des opérations logistiques nécessaires à la prise en charge d’un conteneur à Anvers. Selon la direction du port, le fonctionnement est perturbé par une accumulation de facteurs.  "L’instabilité provoquée par les droits de douane du président américain Trump en fait partie", explique William Demoor, directeur des relations clients au Port of Antwerp-Bruges.

"Certaines entreprises accélèrent leurs importations et exportations à cause de cela, tandis que d'autres préfèrent attendre. Mais elles ne stoppent pas leur production, elles cherchent à écouler leurs produits hors de leur site, ce qui les amène dans le port, avec pour conséquence des problèmes de capacité."

Les attaques des rebelles Houthis

Les attaques sporadiques des rebelles Houthis en mer Rouge provoquent également des retards. "En conséquence, les porte-conteneurs doivent désormais contourner l’Afrique, ce qui allonge considérablement leur trajet", précise William Demoor.

Par ailleurs, en Europe, le niveau d’eau du Rhin est bas, ce qui gêne la navigation intérieure. En Amérique centrale, le trafic par le canal de Panama est aussi réduit à cause de la sécheresse qui touche la région.  

Séparation entre Maersk et MSC

À ces problèmes géopolitiques s’ajoutent les conséquences de la rupture d’alliance entre les compagnies maritimes Maersk et MSC. "Elles se sont récemment séparées, ce qui entraîne des incertitudes, car leurs chaînes logistiques étaient fortement coordonnées."

Logistique de nuit et mutualisation des espaces

Selon William Demoor, il existe peu de solutions à court terme pour réduire les délais de traitement des conteneurs. "Les terminaux essaient de garder la situation sous contrôle, par exemple en misant davantage sur la logistique de nuit. Certains créneaux horaires y offrent encore un peu de capacité. Partager au maximum les espaces disponibles dans le port contribue aussi à améliorer les flux, et nous essayons de numériser le plus de processus possible."

À plus long terme, le projet ECA (Capacité Conteneurs Supplémentaire à Anvers) devrait apporter une solution. "Une infrastructure gigantesque est en construction pour pouvoir stocker davantage de conteneurs, mais nous ne disposerons de la première capacité qu’après 2030."

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5