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Cinq ans de prison pour un détenu qui a violé une travailleuse sociale à la prison d’Anvers

Le détenu qui a violé une travailleuse sociale l’an dernier a été condamné à cinq ans de prison, une peine plus sévère que celle requise par le ministère public. Les faits remontent au 2 septembre 2024. Ce jour-là, la victime avait un entretien avec le détenu dans une salle de la prison d’Anvers, lorsque celui-ci l’a soudainement agrippée et agressée sexuellement.

Eric Steffens
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La femme a tenté d’appuyer sur le bouton d’alarme, mais celui-ci n’était pas connecté. À ce moment-là, le détenu se trouvait déjà sous un régime de sécurité renforcé à la suite d’un incident antérieur, mais l’assistante sociale n’en avait pas été informée.

La communication entre eux étant difficile, la travailleuse sociale avait proposé de faire appel à un interprète. C’est alors que l’homme est devenu agressif, a commencé à la toucher de manière inappropriée, et le bouton d'alarme sur son talkie-walkie ne fonctionnait pas non plus correctement. Ce n’est qu’après les cris de détresse de la victime qu’un gardien a entendu l’appel à l’aide et est intervenu.

"Si toutes ces mesures de sécurité avaient fonctionné correctement, les secours seraient arrivés bien plus rapidement. Ces faits sont la conséquence de nombreuses années de sous-financement de la justice", a déclaré son avocat, Walter Damen, lors de l’audience. La victime, quant à elle, a confié s’être sentie abandonnée par son employeur.

Le tribunal prononce une peine plus lourde que celle requise par le ministère public

Le prévenu a donné des déclarations contradictoires au cours de l’enquête. Il avait notamment affirmé qu’il pensait que chaque détenu recevait une femme pour avoir des relations sexuelles. Mais lors de l’audience, les faits n’ont plus été contestés.

Son avocat a expliqué que l’homme souffrait de stress intense et de troubles dépressifs en prison, en partie à cause de la mauvaise qualité des infrastructures. Le prévenu est également déficient intellectuel et s’est senti isolé, ne parlant pas la même langue que les autres. Il n’était pas présent au procès.

Le ministère public avait requis une peine de 4 ans de prison, mais le tribunal a été plus sévère en prononçant une peine de 5 ans. Le condamné est également privé de ses droits civiques pendant 5 ans et devra verser des dommages et intérêts à la victime.

La victime est satisfaite du jugement

"Les faits sont particulièrement graves. L’accusé n’a eu d’yeux que pour ses propres désirs et pulsions sexuelles et s’est comporté de manière extrêmement violente. La victime a toujours exercé son métier avec beaucoup de dévouement, mais cet événement a gravement entamé sa confiance fondamentale en un environnement de travail sécurisé", a déclaré le tribunal.

Selon l’avocat de la victime, Walter Damen, le tribunal a voulu envoyer un signal en infligeant une peine plus lourde.

"Elle est satisfaite du jugement, mais cela a été un coup dur. La prison devrait être un lieu sécurisé, ce qui n’a pas été le cas, bien au contraire. Les boutons d’alarme ne fonctionnaient pas et le juge a reconnu que cela a été particulièrement traumatisant pour elle. J’espère que le ministère de la Justice prendra aussi ce signal en compte et qu’un environnement de travail sûr sera enfin créé."

Celestine Goetschalckx, l’avocate de l’accusé, étudie encore la possibilité d’un appel. L’homme est toujours en détention, mais a été transféré dans une autre prison juste après les faits.

Il est affreux qu’il ait fallu d’abord attendre de tels faits graves pour qu’on réagisse.

Walter Damen, l'avocat de la victime

Selon le syndicat ACOD, cette affaire a beaucoup fait bouger les choses.  "Beaucoup plus de sécurité a été mise en place, ce qui est positif."

Ainsi, les boutons d’alarme fixes dans les salles d’entretien sont testés chaque semaine, et les alarmes mobiles — les fameux talkies-walkies — sont également contrôlés plus fréquemment. Chaque mois, on vérifie que la géolocalisation fonctionne correctement. Le personnel s’assure aussi quotidiennement que leur alarme personnelle fonctionne bien.

Mais, comme le souligne l’avocat Walter Damen : "Ces contrôles ne sont toujours pas généralisés et rien n’a changé quant aux locaux dans lesquels ils doivent travailler. La prison d’Anvers n’a toujours pas été rénovée ni modernisée. C’est bien que cette affaire ait mis certaines choses en lumière, mais il est évidemment affreux qu’il ait fallu d’abord attendre de tels faits graves pour qu’on réagisse. Et c’est malheureusement toujours ainsi."

 

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