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Le ministère public requiert 5 ans de prison dont la moitié avec sursis pour Eddy Snelders

Le ministère public a requis cinq années de prison, dont la moitié avec sursis, ainsi qu'une mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) pour une durée de cinq ans à l'encontre d'Eddy Snelders. L'homme de 66 ans, ancien commentateur sportif, est poursuivi pour avoir agressé sexuellement trois femmes, dont sa belle-fille, mineure à l'époque. Il doit aussi répondre d'exhibitionnisme, voyeurisme, détention d'images de violences sexuelles sur mineurs. Vingt-cinq personnes environ se sont portées parties civiles.

Eric Steffens Belga
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Plusieurs victimes d'Eddy Snelders (66 ans) sont venues s'exprimer lundi devant le tribunal correctionnel d'Anvers. Elles ont notamment pointé l'abus de confiance qu'elles ont subi et l'absence de remords dans le chef du prévenu, suspecté d'agression sexuelle sur trois femmes, dont sa belle-fille, mineure à l'époque. Il doit aussi répondre d'exhibitionnisme, voyeurisme, détention d'images de violences sexuelles sur mineurs. Vingt-cinq personnes environ se sont portées parties civiles.

L'avocate de l'ex-belle-fille d'Eddy Snelders a souligné l'abus de confiance flagrant dont a témoigné l'ancien joueur et commentateur de football à l'égard de la jeune victime qui le considérait comme un "deuxième papa", a indiqué Me Manon Cop. L'ex-belle-fille est l'une des 60 personnes à avoir été filmée et espionnée en cachette par le prévenu. "Elle a notamment été filmée dans sa chambre, son jardin secret, et ignore encore ce qu'il a vu exactement. Les caméras s'actionnaient dès qu'il y avait un mouvement", a précisé Me Cop.

Les parties civiles déplorent son absence de sentiment de culpabilité

Interrogé directement par sa belle-fille à l'audience, Eddy Snelders a prétendu qu'il n'a filmé qu'une seule fois. "C'est resté une expérience car la caméra ne pouvait pas filmer dans le noir. Je l'ai retirée par la suite."

Eddy Snelders l'aurait aussi agressée sexuellement au cours d'un week-end en Ardenne. "Elle était en état de choc car jusque-là il avait toujours été le père parfait." Le prévenu nie toute agression. "C'est cela aussi qui fait mal et qui déçoit. S'il affichait un sentiment de culpabilité, les choses auraient pu être bien différentes. Mais il ne prête attention qu'à son image", poursuit l'avocate.

L'ex-belle-fille a lu un texte adressé directement au prévenu. "D'un jour à l'autre, j'ai perdu mon beau-père, ma personne de confiance. Si c'était quelqu'un d'autre qui m'avait fait cela, tu serais la première personne auprès de laquelle je chercherais du soutien. Quand tout a été mis au jour en novembre 2023, nous étions choquées. Mais le pire, c'est que tu nous as laissées directement tomber. Lors de l'audience en chambre du conseil, tu parvenais à peine à prononcer nos noms alors que nous avons partagé nos joies et nos peines pendant 16 années. Nous étions dévastées, et nous avons vu des vidéos de toi en train de faire la fête sur une terrasse en Espagne. Tu as simplement continué ta vie."

La jeune dame a ensuite affirmé qu'elle avait longuement attendu des excuses mais qu'aujourd'hui, c'était trop tard.

Dr. Jekyll et Mr. Hyde

Steven Van Geert qui représente l'ex-femme du prévenu, Bé De Meyer, a, lui, décrit l'homme comme un Dr. Jekyll et Mr. Hyde. "Il pouvait être avenant et de bonne humeur, mais il avait une part sombre. Ma cliente se demande encore comment elle n'a pas pu voir cela et si elle n'aurait pas pu mieux protéger son entourage."

Me Van Geert a expliqué qu'il était particulièrement pénible pour sa cliente d'assister au procès. "Elle-même a été victime de ce voyeurisme systématique, mais elle vient ici également en tant que mère, belle-mère, tante, collègue... de la plupart des victimes. Bé se sent un peu comme une porte qui a permis à Snelders d'accéder à ses terrains de jeux."

La dame exige 35.000 euros de dédommagement et son ex-mari a déjà versé près de 13.000 euros.

"Un homme malade qui devrait suivre une thérapie sur mesure"

La voisine de M. Snelders a également pris la parole. C'est sa plainte qui a permis d'ouvrir une enquête à l'encontre du sexagénaire. Ce dernier s'est masturbé à plusieurs reprises devant la voisine et ses filles. Il aurait en outre eu des gestes déplacés à l'égard de la dame à trois reprises. "Je regrette de ne pas m'être rendue plus tôt à la police. Mais ce n'est pas à moi d'exprimer des regrets. Tu dois prendre tes responsabilités pour tout ce que tu as fait", a-t-elle dit envers son voisin.

La présentatrice Martine Prenen (61 ans) a aussi insisté sur ce point, estimant que verser un peu d'argent n'effacerait pas tout. "Ce qui me dérange le plus, c'est son absence totale de sentiment de culpabilité", a indiqué la sexagénaire, une proche de Bé De Meyer, qui a été filmée par une caméra cachée dans le chalet ardennais de M. Snelders. "C'était son cheval de Troie qu'il utilisait pour pouvoir filmer ses hôtes en cachette", a illustré l'avocate de Mme Prenen à propos de la résidence.

Plusieurs victimes des agissements de l'ancien commentateur ont également souligné qu'Eddy Snelders était un homme malade qui devait suivre une thérapie sur mesure, "dans l'intérêt de sa santé, mais aussi pour nous, ses victimes", selon Nele Somers, belle-fille du prévenu. "Une personne ne se résume pas à un seul comportement. Je ne demande pas de dédommagement. Le fait que moi-même et mes proches sommes reconnus comme victimes me suffit", a-t-elle fait savoir dans un communiqué lu à l'audience.  

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