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De l'aide humanitaire pour les Palestiniens déchargée à la frontière sud entre Israël et la bande de Gaza.

Israël invite B-FAST à aider à la distribution de vivres à Gaza, le gouvernement belge examine "quel rôle notre pays peut jouer"

La Belgique examine activement toutes les options disponibles pour soulager au plus vite la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, ont indiqué dimanche les cabinets du Premier ministre Bart De Wever et du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Ils répondent ainsi aux déclarations faites par l’ambassadrice d’Israël en Belgique, Idit Rosenzweig-Abu, dimanche sur le plateau du Zevende Dag (VRT). Elle affirmait notamment que l'aide humanitaire belge pour Gaza est la bienvenue, mais que la Belgique n'a pas encore demandé l'autorisation de survoler le territoire israélien dans le cadre d'une opération de B-Fast. Selon l’ambassadrice, Israël veut garder le contrôle sur la distribution de l’aide humanitaire à Gaza "pour éviter que le Hamas puisse continuer à s’approvisionner".

Anne François Belga
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"Notre objectif est clair : permettre à la population palestinienne d'accéder à une aide humanitaire suffisante, efficace et indépendante. Dans ce contexte, la Belgique a répondu favorablement à une nouvelle demande de l'Autorité palestinienne pour l'envoi de matériel médical via le Mécanisme européen de protection civile", répond le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot dans un communiqué. "B-FAST, notre mécanisme d'intervention rapide en cas de catastrophe, est en contact étroit avec l'Autorité palestinienne pour organiser cette livraison. Une fois la cargaison prête, elle sera transférée vers la région. Nous espérons pouvoir compter sur la coopération d'Israël afin que cette aide puisse, cette fois, parvenir sans délai aux populations qui en ont un besoin vital", ajoute le ministre, clarifiant la position belge après les déclarations de l'ambassadrice israélienne dimanche midi sur le plateau de la VRT.

"Il convient toutefois de rappeler que B-FAST agit dans un cadre strict : il est conçu pour des interventions ponctuelles et d'urgence. Ce n'est pas l'outil adéquat pour répondre à une crise humanitaire de l'ampleur et de la durée de celle qui touche Gaza aujourd'hui. Seules les organisations humanitaires spécialisées - agences des Nations unies ou ONG - disposent des moyens, de l'expérience et du mandat nécessaires pour agir à grande échelle, de manière neutre et impartiale. Elles doivent pouvoir accéder librement à Gaza, sans ingérence, comme l'exige le droit international humanitaire", souligne le chef de la diplomatie belge.

"Le gouvernement israélien bloque depuis des mois l'accès terrestre à Gaza, empêchant ainsi l'entrée de l'aide humanitaire, malgré les demandes répétées de la communauté internationale. Même si certaines livraisons ont timidement repris, cela reste largement insuffisant. Il est urgent que les autorités israéliennes lèvent les obstacles à l'acheminement massif de l'aide et permettent un accès sûr aux travailleurs humanitaires", insiste Maxime Prévot.

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (archives)

Critiques à l’égard d’Israël ou antisémites ?

Le ministre nuance aussi l'interprétation donnée par Israël aux critiques à son endroit, que l'Etat hébreu assimile à de l'antisémitisme. "Les critiques adressées au gouvernement israélien ne doivent pas être confondues avec de l'antisémitisme", estime Maxime Prévot.

"Défendre le respect du droit international humanitaire est une exigence morale, et de nombreuses voix juives en Belgique et dans le monde le rappellent elles-mêmes avec force et lucidité. Nous continuerons à agir avec détermination, nuance et responsabilité".

"L'aide belge à Gaza est la bienvenue"

Sur le plateau de l’émission dominicale De Zevende Dag (VRT), l'ambassadrice d'Israël en Belgique Idit Rosenzweig-Abu avait déclaré peu avant que l 'aide humanitaire belge pour Gaza est la bienvenue, mais que la Belgique n'a pas encore demandé l'autorisation de survoler le territoire israélien dans le cadre d'une opération de B-Fast. L'Etat israélien entend cependant contrôler lui-même la distribution de nourriture afin de "s'assurer que "l'aide arrive au bon endroit". Selon l'ambassadrice, l'aide actuellement donnée par les organisations humanitaires est souvent distribuée, volée ou revendue par le Hamas. Les équipes américaines qui doivent encadrer la distribution de l'aide sont déjà sur place, a ajouté l'ambassadrice.

Celle-ci a invité les équipes belges de B-Fast à rejoindre cette action. "La situation humanitaire à Gaza est la grande préoccupation", a commenté le cabinet du Premier ministre. "Nous sommes en train de regarder quel rôle notre pays peut jouer sur le terrain afin d'apporter un soutien en la matière".

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"Nous avons besoin d'aide", déclarait l'ambassadrice d'Israël en Belgique sur le plateau de la VRT

Présent lui aussi sur le plateau de télévision dimanche, le président du CD&V, Sammy Mahdi, a jugé que le gouvernement devait se saisir rapidement de cette mission d'aide. Sammy Mahdi a toutefois critiqué l'attitude du gouvernement israélien. Selon lui, en distribuant l'aide, celui-ci souhaite en réalité attirer les Gazaouis à un endroit afin de pouvoir s'emparer d'autres parties de la bande.

Dans ses propos, l'ambassadrice israélienne en Belgique a fustigé "les critiques croissantes envers Israël qui se transforment en risque pour la communauté juive". "Certaines critiques sont de la critique. Mais d'autres critiques sont de l'antisémitisme", a-t-elle jugé, Pareils propos alimentent la violence, a-t-elle ajouté, pointant le récent assassinat de deux Juifs à Washington.

L'ambassadrice a également critiqué la presse belge, ainsi que la radio publique flamande. "Il y a beaucoup de supporters du Hamas en Belgique. L'un d'entre eux est d'ailleurs un invité populaire à la VRT", a-t-elle dit, sans citer toutefois de nom.

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