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Test-Achats dépose une plainte contre les "fausses promotions" des pharmacies en ligne

L'organisation de défense des consommateurs Test-Achats dépose une plainte auprès de l'Inspection économique contre plusieurs pharmacies en ligne pour des promotions trompeuses. Test-Achats cite Medi-Market comme exemple. "Ils affichent souvent de grandes réductions, mais n'ont jamais proposé leurs produits à un prix plus élevé."

Eric Steffens Belga
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Selon Test-Achats, il y a un problème avec les promotions proposées par les pharmacies en ligne et les drogueries telles que Multipharma ou Medi-Market. L'organisation de consommateurs a donc déposé une plainte auprès de l'Inspection économique. "C’est particulièrement visible chez Medi-Market, car ils envoient des prospectus chaque mois", explique la porte-parole Laura Clays. "Dans ces prospectus, il y a toujours des réductions énormes. Mais le problème, c'est que ces réductions sont mal calculées."

Les prospectus indiquent que les réductions sont calculées sur ce que Medi-Market appelle le 'prix recommandé'. "Il s'avère que ce prix est celui que, selon Medi-Market, les fabricants recommandent aux distributeurs. Cependant, la pharmacie n'utilise jamais ce prix elle-même, mais calcule néanmoins la réduction en fonction de ce prix pour la transmettre au consommateur."

Jamais vraiment -50 % de réduction

"Cela n’est pas autorisé par la loi", explique Laura Clays. "La loi stipule que la réduction doit être calculée sur la base du prix réellement pratiqué par le vendeur durant une période précédente. Avec cette méthode, la réduction semble très importante, mais ce n’est pas le cas."

Laura Clays donne un exemple : "Il y a beaucoup de crèmes solaires actuellement en promotion, parfois à -40 % ou en formule 1+1 gratuit. Mais en réalité, le mois suivant, elles sont à nouveau affichées avec une réduction très similaire dans le prospectus, toujours calculée sur ce prix dit 'recommandé'. Mais ce n’est pas comme cela que ça fonctionne."

Test-Achats n’a rien contre les réductions en tant que telles, mais bien contre la manière dont Medi-Market les présente, insiste la porte-parole. "Ce n’est jamais vraiment -50 %, car nous constatons très souvent que le produit est vendu à un prix similaire dans d’autres magasins, ou qu’il n’a jamais été proposé à un prix beaucoup plus élevé. Et certainement pas à ce prix 'recommandé' dont ils parlent."

Test-Achats introduit une action en justice contre Ryanair, qui réfute toute illégalité

Test-Achats a introduit une action en cessation contre la compagnie aérienne irlandaise Ryanair en raison de diverses pratiques opaques liées à son processus de réservation, indique jeudi l'association de protection des consommateurs. Cette action, soutenue par l'organisation coupole Euroconsumers, fait suite à trois plaintes déjà déposées par Testachats auprès de l'Inspection économique. Le transporteur à bas coûts réfute toute illégalité de ses politiques en matière de prix et de bagages.

Dans le viseur de Test-Achats se trouvent notamment les frais facturés pour les bagages à main de 10 kg et de "taille raisonnable". Selon l'organisation, la pratique empêche les passagers de comparer facilement les prix, car ce n'est qu'en fin de processus que le prix réel du voyage est affiché. Test-Achats rappelle également la position de la Cour de justice de l'Union européenne, qui estime que les bagages à main de taille raisonnable doivent être considérés comme faisant partie intégrante du prix du billet.

Le manque de transparence lié aux coûts de certaines options, impliquant par exemple un embarquement prioritaire ou des valises additionnelles, est également dénoncé par l'association de protection des consommateurs. "Plusieurs points du processus de réservation de Ryanair sont aujourd'hui opaques ou trompeurs. Nous voulons que les prix soient clairement affichés, séparément pour chaque service, dès le début du processus de réservation, afin de faciliter la comparaison entre les différentes compagnies", note la porte-parole de Test-Achats, Julie Frère.

Ryanair : "Ces accusations sont fausses"

Dans une réaction, la compagnie aérienne affirme que ces accusations sont "fausses" et que ses politiques en matière de prix et de bagages sont entièrement conformes à la législation européenne. Celle-ci accorde à toutes les compagnies aériennes de l'UE la liberté de fixer les prix, y compris ceux des services optionnels, appuie-t-elle. Le transporteur "se félicite" dès lors de l'annonce de l'action en cessation de la part de Testachats car cela permettra de confirmer cette conformité ainsi que la transparence de ces politiques, espère-t-il.

La possibilité d'acheter des vols et d'autres produits auxiliaires sous forme d'offre groupée, "une pratique courante dans le secteur des transports", offre un confort supplémentaire aux consommateurs et est totalement légale et transparente, estime à ce titre Ryanair.

La compagnie à bas coûts rappelle qu'elle permet à chaque passager d'emporter gratuitement un sac personnel "de taille généreuse" (40 x 25 x 20 cm), avec la possibilité d'ajouter des bagages supplémentaires moyennant des frais optionnels. "Cette politique favorise à la fois les tarifs bas et le choix du consommateur", insiste-t-elle. "Si les compagnies aériennes étaient obligées d'inclure des bagages à main supplémentaires dans le tarif de base, le choix s'en trouverait réduit et les tarifs augmenteraient pour tous les passagers, ce qui serait préjudiciable aux consommateurs."

Ryanair s'appuie sur un arrêt de 2014 de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans l'affaire "Vueling" pour démontrer la légalité de sa politique de bagages. À la suite d'une démarche en justice introduite par le gouvernement régional de la communauté autonome de Galice, qui voulait forcer la compagnie à bas coûts espagnole Vueling à transporter gratuitement tous les bagages, la CJUE avait estimé que les compagnies aériennes sont autorisées à faire payer les passagers pour le transport de bagages supplémentaires, à condition que le transport des objets précieux et indispensables des passagers (c'est-à-dire un petit sac personnel) soit inclus dans le prix du billet.

"De nombreux tribunaux à travers l'Europe (et la Commission européenne) s'accordent à dire que ce précédent de la CJUE dans l'affaire Vueling établit de manière concluante que les compagnies aériennes ont le droit de facturer des frais pour le transport des bagages enregistrés et des bagages de cabine supplémentaires en plus du bagage de cabine personnel gratuit qui est inclus dans les tarifs de base", en conclut Ryanair.

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