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La châtaigneraie de Herent (Kastanjebos)

Restaurer la nature est un investissement très rentable, "encore trop souvent négligé", soulignent des ONG environnementales

Restaurer la nature a certes un coût, mais la valeur des services écosystémiques rendus par les habitats naturels restaurés dépasse de loin les investissements consentis : chaque euro investi rapporte à terme une somme démultipliée, sous forme de bénéfices. C’est ce qu’illustre une étude commandée par les ONG environnementales WWF, Natagora et Natuurpunt, et chiffrée par l’Institut flamand de recherche technologique (VITO) et l’Université de Liège. L’étude, qui analyse l'impact socio-économique de trois projets concrets de restauration de la nature - le Plateau des Tailles à Manhay/La-Roche-en-Ardenne, la châtaigneraie (Kastanjebos) à Herent et Demerbroeken à Scherpenheuvel-Zichem -, révèle que "un euro investi dans la nature belge rapporte jusqu'à 51 euros". C’est le cas à Herent, où la période de récupération des fonds investis est de 7 ans.

Anne François Belga
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La Semaine de la Biodiversité débutait ce samedi en Belgique. A cette occasion, des organisations environnementales ont chargé l’Institut flamand de recherche technologique (VITO) et l’Université de Liège Gembloux de calculer les bénéfices sociaux émanant des investissements dans la nature et la biodiversité.

Il en ressort que les services rendus par des écosystèmes en bonne santé sont divers et variés: stockage du carbone, purification de l'eau et de l'air, meilleure résistance aux inondations ou aux sécheresses, plus-value paysagère pour les loisirs et le tourisme (et donc aussi l’Horeca), conséquences positives sur la santé, physique et mentale, notamment. Autant de services qui peuvent avoir une grande valeur économique et financière et que l'Institut flamand de recherche technologique a tenté de chiffrer.

Plateau des Tailles

L'analyse montre qu'en fonction des projets concrets étudiés, un euro investi rapporte de 8 euros (à Demerbroeken) à 25 euros (au Plateau des Tailles), et même jusqu'à 51 euros (au Kastanjebos). Dans le cadre du projet "Life" Plateau des Tailles, qui a permis entre 2006 et 2010 de restaurer 600 hectares de milieux tourbeux et 150 hectares de forêt de feuillus, VITO estime les bénéfices nets à 11 millions d'euros sur 100 ans, ce qui correspond à un rendement de 25% par an en moyenne.

Concrètement, la restauration des milieux tourbeux leur permet de séquestrer à nouveau du carbone (environ 170 tonnes par an, à terme) là où, auparavant, la zone émettait plus de 320 tonnes par an en raison du drainage et de la perturbation des sols tourbeux. Cette différence de 490 tonnes de CO2 équivaut aux émissions de 10 millions de kilomètres parcourus en voiture ou aux émissions annuelles de 175 Wallons. Le gain financier est estimé à 114.000 euros par an.

Autre exemple de retour positif: la restauration des tourbières et la construction d'installations récréatives devraient augmenter le nombre de visites sur les lieux de 61.000 par an, ce qui correspond à plus de 500.000 euros de dépenses locales. "La restauration de la nature n'est pas seulement nécessaire pour assurer un avenir durable et prendre soin de notre bien-être commun, c'est aussi un excellent investissement: une opportunité économique", insistent les ONG WWF, Natagora et Natuurpunt.

Le Plateau des Tailles à La Roche-en-Ardennes

La châtaigneraie de Herent

Pour la châtaigneraie de Herent (Brabant flamand), les analystes constatent que le rendement social annuel est de 51%. Autrement dit, après 100 ans, chaque euro investi devrait rapporter 51 euros. Il est peut-être encore plus important de souligner que la période de récupération des fonds investis est de 7 ans.

Quelque 52.000 euros d’investissements ont été effectués dans le Kastanjebos entre 2019 et 2024, notamment pour des travaux de restauration et d’aménagement. Ces derniers permettent maintenant un stockage plus important de carbone, ce qui signifie que le gouvernement flamand va devoir dépenser moins pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

D’autre part, l’eau est mieux retenue dans le sol de la châtaigneraie pendant les périodes de sécheresse et lors de fortes pluies. La restauration de la nature à cet endroit est également positive pour les activités de récréation et le tourisme. Et pour la santé mentale et physique des personnes qui vont s’y promener. Ceci permet d’économiser, à terme, des soins de santé. L’Horeca se développe aux abords de points d’attraction touristiques et la valeur des habitations y augmente.

La châtaigneraie de Herent

Appel aux politiques

Alors que la Belgique a un an pour remettre son plan national de restauration à la Commission européenne, les ONG WWF, Natagora et Natuurpunt demandent aux autorités compétentes d'élaborer un plan de restauration de la nature "à la hauteur des enjeux, qui bénéficiera à la population belge et la protégera davantage pour l'avenir."

Le ministre flamand de l’Environnement Jo Brouns était invité ce lundi à la présentation de l’étude commandée par les trois ONG, à la châtaigneraie de Herent.

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