La Chambre a adopté jeudi en séance plénière la proposition de loi qui met fin à la loi de sortie du nucléaire datant de 2003. Cette dernière prévoyait la fermeture progressive des 7 réacteurs des centrales de Doel et Tihange et interdisait la construction de nouvelles centrales. La suppression de cette loi fait partie de l’ambition du gouvernement fédéral d’investir à nouveau dans l’énergie nucléaire. Le texte a été largement soutenu. Seul les partis écologistes Ecolo et Groen ont voté contre. Le PS et le PTB se sont abstenus.
Des centrales nucléaires pourront être construites en Belgique : la Chambre a mis fin à la loi de sortie du nucléaire
La nouvelle majorité fédérale a choisi de réinvestir dans le nucléaire. Dans sa note de politique générale, le ministre de l'Énergie Mathieu Bihet avait ainsi annoncé une "revalorisation de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique". La proposition de loi supprime donc, entre autres dispositions, l'article 3 de la loi de 2003 qui établissait à 2025 la sortie du nucléaire en Belgique.
Après de longues négociations avec le fournisseur d’énergie Engie, le gouvernement De Croo avait prolongé sous la précédente législature les deux réacteurs les plus jeunes, soit Doel 4 et Tihange 3, pour une durée de dix ans. Mais il n'avait pas modifié l'échéance fixée dans la loi pour les autres unités de production, à savoir 2025. Dès octobre 2024, plusieurs partis de ce qui était alors la future majorité Arizona avaient déposé des propositions de loi afin de prolonger les réacteurs nucléaires existants, mais aussi permettre la construction de nouvelles centrales, en particulier des "petits réacteurs modulaires" (SMR, selon leur acronyme anglais).
Les députés ont travaillé sur le texte du MR, déposé à l'origine par l'actuel ministre de l'Énergie. Concrètement, la proposition de loi supprime toute date de sortie du nucléaire et prévoit une éventuelle prolongation décennale. Afin de ne pas mettre en péril l'accord négocié avec Engie, le calendrier de sortie de Doel 4 et Tihange 3 reste toutefois maintenu à ce stade au 31 décembre 2037. Le gouvernement disposera cependant de la possibilité de modifier ce délai ultérieurement.
Critiques de l'oppostion
Le texte offre aussi à l'exécutif la possibilité de prolonger toutes les unités ou de procéder à la construction de nouvelles. Une étude d'incidence sera alors nécessaire. Ecolo-Groen, à l'origine de la loi de 2003, a voté contre, dénonçant une "opération de communication" dou gouvernement fédéral De Wever. "Il n'y a rien sur la table !", s'est exclamée l'ancienne ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten. Rajae Maouane a dénoncé "un coup de com', juste du vent... même pas du vent pour faire tourner des éoliennes."
Le PS et le PTB-PVDA se sont abstenus. Marie Meunier (PS) a dénoncé un "symbole" et un "flou" qui "demeure total" sur l'avenir énergétique du pays. Roberto D'Amico (PTB) a parlé d'une "loi symbolique" qui permet à la majorité de "fanfaronner dans la presse".
