Un juge turc a ordonné jeudi la remise en liberté d'une étudiante en photographie scolarisée en Belgique et incarcérée à Istanbul depuis début avril après avoir participé à une manifestation en soutien au maire emprisonné de la ville.
Un juge turc remet en liberté l’étudiante gantoise en photographie après plus d’un mois de détention à Istanbul
"Esila Ayik et nos deux autres jeunes sont libres. Sans contrôle judiciaire", a annoncé sur X son avocat, Göksun Canberk Ulug. Joint par l'AFP, l'avocat a précisé que les poursuites contre sa cliente n'avaient cependant pas été levées.
L'étudiante, de nationalité turque mais qui étudie en Belgique, avait été interpellée avec deux amis dans la nuit du 8 au 9 avril pour avoir tenu une pancarte qualifiant le président turc Recep Tayyip Erdogan de "dictateur", lors d'une manifestation à Istanbul.
Accusée d'"insulte au président", l'étudiante, qui dit souffrir de problèmes rénaux, encourt jusqu'à quatre ans et huit mois de prison. Une nouvelle audience est prévue en décembre, a précisé son avocat à l'AFP, soulignant que la jeune femme sera autorisée entretemps à regagner la Belgique pour y poursuivre ses études.
Un comité de soutien
Esila Ayik, étudiante dans la section photographie de l'Académie royale des Beaux-Arts de Gand (KASK), était arrivée à Istanbul début avril pour rendre visite à sa famille.
Un comité de soutien s'était formé en Belgique pour demander sa libération. L'arrestation le 19 mars du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, principal rival du président Erdogan, avait déclenché de grandes manifestations à Istanbul et dans plusieurs villes du pays.
Près d'une cinquantaine de jeunes Turcs restent incarcérés pour avoir participé à des rassemblements illégaux dans le cadre de cette vague de contestation, selon l'opposition.
"Nous sommes extrêmement soulagés"
"Nous sommes très heureux de cette bonne nouvelle », déclare Filip Rathé, de l'Académie royale des Beaux-Arts de Gand (KASK). "Cela a pris beaucoup de temps, mais nous sommes reconnaissants pour tout le travail effectué en coulisses afin d’obtenir la libération d’Esila. Les personnes du KASK, les autorités et la diplomatie ont fait leur part."
"J’espère également pouvoir entrer rapidement en contact avec elle. Nous voulons voir ensemble comment faire en sorte qu’elle puisse encore terminer cette année académique normalement. Nous nous y étions d’ailleurs un peu préparés", conclut Filip Rathé.
