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Maxime Prévot va mettre des sanctions contre Israël sur la table du gouvernement

Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) a annoncé jeudi qu’il allait proposer au gouvernement de prendre des sanctions à l'égard d'Israël au vu de la situation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Par ailleurs Maxime Prévot va faire savoir ce jeudi à ses homologues de l'Otan, réunis à Antalya en Turquie, que la Belgique ne peut souscrire à une norme de 5% du PIB national dédiés aux dépenses de Défense. Même une norme fixée à 3,5% n'est pas faisable pour la Belgique, à court ou moyen terme.

Eric Steffens Belga
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"Soyons honnêtes: les condamnations n'ont eu aucun impact sur Israël. Chaque semaine qui passe, c'est pire. On ne peut plus juste dénoncer, on doit agir. C'est la raison pour laquelle je vais proposer au gouvernement diverses mesures de sanction à l'égard du gouvernement israélien et des colons violents", a-t-il expliqué dans une déclaration adressée à l'Agence Belga.

Le succès d'une telle initiative n'est toutefois pas assuré, comme l'ont montré les tensions dans les discussions des semaines dernières à la Chambre entre les partis de la majorité sur le texte d'une résolution relative au conflit israélo-palestinien.

"J'espère qu'il sera possible de converger vers certaines (de ces sanctions) au vu des horreurs vécues à Gaza et ailleurs. Surtout que Netanyahou a redit ce mardi sa volonté de guerre totale dans la bande de Gaza, négligeant le sort des otages et envisageant des déplacements forcés de la population. D'autres pays européens se mobilisent. Nous devons rester cohérents et défendre avec force les droits humains et le droit international. Cela a toujours été la boussole de notre politique étrangères. Et elle doit le rester!", a-t-il martelé.

Le vice-Premier ministre des Engagés n'a pas donné le détail de ces sanctions afin de ne pas compromettre les discussions au sein du gouvernement. "Je veux que le gouvernement en discute rapidement et ose prendre un premier train de mesures", a-t-il souligné.

Pour la Belgique, une norme OTAN à 3,5 ou 5% est impossible à court ou moyen terme

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) va faire savoir ce jeudi à ses homologues de l'Otan, réunis à Antalya en Turquie, que la Belgique ne peut souscrire à une norme de 5% du PIB national dédiés aux dépenses de Défense, a-t-il indiqué dans la matinale radio De Ochtend (VRT). Même une norme fixée à 3,5% n'est pas faisable pour la Belgique, à court ou moyen terme, a-t-il précisé.

Les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu'ils attendent de tous les pays de l'Otan un effort atteignant les 5% du PIB pour la Défense. Le secrétaire général de l'organisation, Mark Rutte, soutient cette proposition. En juin, une décision doit être prise en la matière au sommet de l'Otan, à La Haye. La réunion de cette semaine en Turquie doit préparer le terrain.

La Belgique est depuis longtemps à la traîne par rapport à la norme Otan, elle qui devrait n'atteindre que cette année les 2%, alors que le gouvernement De Wever prévoyait initialement de n'y parvenir qu'en 2029. Elle a tout récemment décidé d'accélérer l'effort, mais Maxime Prévot reconnait jeudi que cela paraitra probablement un effort bien minime, aux yeux des partenaires internationaux.

"Un effort gigantesque qui se compte en milliards"

"Pour le budget belge, c'est un effort gigantesque qui se compte en milliards, à un moment où le gouvernement en demande déjà beaucoup aux citoyens, sur différents plans", rappelle le ministre. "Pour l'opinion publique, il est parfois difficile de comprendre pourquoi c'est nécessaire. Nous devons veiller à bien l'expliquer, mais aussi être attentif à la capacité du grand public de soutenir de tels choix".

"Je dirai donc clairement à nos partenaires, au nom de la Belgique, que l'on ne peut soutenir un objectif futur à 5%, ou même 3,5%, à court ou moyen terme. Ces objectifs sont excessifs, au vu de nos capacités budgétaires actuelles et futures. Le statu quo n'est pas non plus tenable, c'est certain. Nous sommes prêts à fournir notre partie de l'effort, mais dans un délai de 10-15 ans, pas dans une fenêtre de 7 années comme dans le projet actuel".

Qu'est-ce qui serait réaliste, pour le gouvernement belge? Un objectif à 2,5% d'ici 2034: "c'est déjà un effort supplémentaire de plusieurs milliards. On ne sait pas encore comment on va le financer", indique Maxime Prévot. Il n'est pas exclu d'aller plus loin, cependant. Mais il espère surtout une "coalition des volontaires" avec d'autres Etats comme l'Espagne et l'Italie, dans le sens d'un délai à 10 ou 15 ans.  

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