Quelques années après l’interdiction de boissons alcoolisées au Parlement flamand, la cafétaria du Parlement fédéral suit le bon exemple. Dès la semaine prochaine, les députés ne pourront plus y commander de bière ni de vin. L’appel du Premier ministre De Wever, lancé début février dernier au tout début de son mandat, semble avoir été entendu par les fractions.
Les boissons alcoolisées seront aussi interdites à la cafétaria du Parlement fédéral
"Je marche ici sur des oeufs, mais je voudrais lancer un appel à bannir l’alcool de la cafétaria du Parlement fédéral. Ce n’est vraiment plus de notre temps". C’était l’un des plaidoyers remarqués que le Premier ministre Bart De Wever avait exprimé au cours des 40 heures qu’avaient duré les débats à la Chambre sur sa Déclaration de gouvernement, au début du mois de février dernier.
En tant que Premier ministre, De Wever ne peut prendre de décision à propos du fonctionnement du Parlement, mais son appel aura été entendu. La décision formelle d’interdiction de l’alcool à la cafétaria sera prise la semaine prochaine au sein du Bureau de la Chambre, mais plusieurs partis de la majorité ont déjà fait savoir que l’interdiction d’alcool sera introduite. La séance plénière à la Chambre de ce jeudi était donc la dernière pendant laquelle de l’alcool a pu être servi à la cafétaria.
Opposition au Parlement
Lors de son appel, début février, Bart De Wever avait reçu des applaudissements dans l’hémicycle, mais pas tout le monde au Parlement est ravi de cette interdiction. Jean-Marie De Decker avait immédiatement réagi, sur le ton de la plaisanterie : "Parfois une pinte d’ouvrier est nécessaire pour pouvoir supporter l’insoutenable légèreté de l’existence parlementaire ou pour tenir le coup pendant un débat nocturne".
Cela fait partie de notre culture
Maaike De Vreese, députée fédérale pour la N-VA
La semaine dernière, la députée Maaike De Vreese avait plaidé pour le maintien de l’alcool au parlement fédéral, lors d’une interview au quotidien Krant van West-Vlaanderen. Selon elle, l’alcool n’y serait consommé que le soir, après une longue séance à la Chambre.
"Pourquoi ne pourrait-on pas alors boire un verre de bière ou de vin ? Il y a d’autres gens qui boivent un verre après leur journée de travail. Cela fait partie de notre culture. Si l’on ne sert plus d’alcool à la cafétaria, le risque est grand que chaque fraction se rende séparément au café. Il n’y aura alors plus d’échanges entre les différents partis".
Herman De Croo, "patron" de la cafétaria
Le fait que l’alcool soit interdit à la cafétaria est un phénomène assez récent dans la longue histoire du Parlement. C’est l’ancien président de la Chambre Herman De Croo qui avait fait mettre la bière et le vin sur la carte, à la fin des années 1990. Il trouvait que les parlementaires passaient trop de temps dans les cafés du quartier du Parlement à attendre que l’heure soit aux votes.
“La raison de cette introduction de l’alcool à la cafétaria était une volonté de contrôle social", expliquait Herman De Croo il y a quelques années dans le cadre d’un reportage de Terzake (vidéo ci-dessous). Depuis 2019, les consommations à la Chambre sont payantes. D’après le quotidien Het Laatste Nieuws, les parlementaires ont payé en 2024 un montant forfaitaire annuel d’environ 200 euros.
Le Parlement flamand a aboli les boissons alcoolisées dans sa cafétaria il y a deux ans. Cela avait entrainé une discussion au Parlement fédéral, mais ce dernier n’avait pas immédiatement emboité le pas.


