Les agressions perpétrées à l’encontre de gardes forestiers et d’agents de l’environnement en Flandre deviennent de plus en plus problématiques. Le nombre de signalements de ce type d’agression a en effet décuplé en l’espace des cinq dernières années.
L’an dernier, près de 100 incidents impliquant une agression à l’encontre d’un agent de l’environnement avaient été enregistrés en Flandre. Il s’agit plus précisément de gardes forestiers, inspecteurs, travailleurs sur le terrain ou agents d’application de la loi qui ont été agressés. Il y a cinq ans, seuls une dizaine de ces incidents avaient été enregistrés.
"Il est inacceptable que ces agents subissent des menaces, soient intimidés voire même agressés", estime le député flamand Andy Pieters, qui a demandé au ministre de l’Environnement Jo Brouns les chiffres concernant ce phénomène.
Une partie de l’augmentation importante peut s’expliquer par une volonté accrue de signaler des incidents, bien que nombre de ceux-ci soient encore tus. "Il est encore toujours question d’une sous-estimation du nombre de signalements", précise Pieters.
Des signalements, mais pas de plaintes
Ce seraient avant les gardes forestiers et les inspecteurs de la faune qui sont les plus exposés aux agressions. La majorité des plaintes sont d’ailleurs déposées par eux. Ce n’est pas un hasard, puisqu’ils disposent de pouvoirs de police. Ils peuvent donc intervenir lorsqu’ils constatent des infractions et demander par exemple une identification ou contrôler des véhicules.
"Il s’agit de positions d’autorité. On constate d’ailleurs que la violence augmente à l’encontre des services de sécurité. C’est une évolution dans notre société: les gens n’acceptent plus qu’il y ait des fonctions d’autorité", indique Andy Pieters. "Nous ne pouvons l’accepter. Dans notre cadre de vie tout le monde porte une part de responsabilité, ce qui veut aussi dire que la loi sera appliquée".
Quand un garde forestier rentre avec des bleus ou un œil au beurre, cela ne fait pas partie de son métier
Andy Pieters (N-VA), député flamand
A l’heure actuelle, seuls 15% des victimes se tournent vers la police ou un parquet. Andy Pieters plaide en faveur d’une tolérance zéro. Un signalement devrait automatiquement être suivi d’une plainte, pour déterminer si des poursuites sont appropriées. "Lorsqu’un garde forestier rentre du travail avec des bleus ou un œil au beurre noir, cela ne fait pas partie de son métier".

