La 19e Biennale d’architecture de Venise ouvre ses portes ce samedi 10 mai dans la ville italienne vivant au rythme de l’eau et de l’art. Le pavillon belge, dont la conception a été confiée par l’Institut flamand d’architecture au Limbourgeois Bas Smets - architecte paysagiste de renom international - propose une exposition baptisée "Building Biospheres" (photo). Elle explore comment l'intelligence naturelle des plantes peut se décliner pour créer des environnements bâtis plus sains et durables.
A la Biennale de Venise, le pavillon belge conçu par le paysagiste Bas Smets explore l'architecture végétale
Organisée tous les deux ans, la Biennale d'architecture de Venise représente la grand-messe internationale de l'architecture contemporaine. La réalisation du pavillon belge est assurée depuis 2004, à tour de rôle, par l’Institut flamand d’architecture (Vai) et la Communauté française. Cette 19e édition, qui fermera ses portes dimanche 23 novembre, s’est choisi comme thème "l’intelligence des plantes".
Conçue par l'architecte paysagiste Bas Smets et le neurobiologiste italien Stefano Mancuso, l'exposition belge "Building Biospheres" propose d'envisager les bâtiments comme des microclimats artificiels au sein desquels la végétation joue un rôle crucial pour purifier l'air et rafraîchir les espaces, explique l'Institut flamand d'architecture.
Dans cette optique, le duo belgo-italien s'est intéressé aux plantes issues des régions subtropicales. Avec des étés chauds, des hivers doux et une température presque constante, elles bénéficient d'un climat idéal pour l'être humain.
Un pavillon devenu laboratoire
L'installation belge dans la Cité des Doges comprend plus de 200 plantes. Le comportement des végétaux y est contrôlé de près, avec une série d’instruments de mesure. Les données récoltées sont ensuite utilisées pour ajuster l'irrigation, l'ensoleillement et la ventilation au sein du pavillon. L'objectif est de créer "une nouvelle symbiose entre ce dont les plantes ont besoin, ce que le bâtiment peut réguler et les attentes des habitants", expliquent les concepteurs.
"Le prototype de Venise nous permet d'étudier si les plantes peuvent activement créer ou réguler un microclimat pour un bâtiment", commente Bas Smets. Il nourrit ainsi le rêve d'une architecture "où plantes et les êtres humains vivent de concert". Le pavillon belge servira donc de laboratoire grandeur nature pour démontrer cette hypothèse et inspirer des solutions innovantes.
Info sur la Biennale de Venise: www.labiennale.org
Qui est Bas Smets?
Né à Hasselt en 1975, il a effectué des études d’ingénieur-architecte à la KU Leuven à Louvain, avant de suivre une formation de paysagiste à Genève, en Suisse, et de travailler à Paris. Depuis une vingtaine d’années, Smets possède une agence spécialisée dans la conception et l’aménagement d’espaces publics, avec des bureaux à Bruxelles et Paris. Il enseigne également dans ces deux villes et à Versailles.
Au gré de ses projets, Bas Smets collabore avec des spécialistes locaux dans certains domaines. Ainsi pour la botanique, il s’associe volontiers au neurobiologiste Stefano Mancuso, comme c’est la cas pour la Biennale d’architecture de Venise.
Parmi les projets les plus ambitieux et prestigieux qu’il mène actuellement figure l’aménagement des abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après sa reconstruction à la suite de l’incendie qui l’a ravagée. Le Belge a remporté en juin 2022 le concours lancé à cet effet. Son projet prévoit notamment l'unification des abords de la cathédrale par une importante végétalisation et l'aménagement de l'ancien parking en une promenade intérieure intégrant les activités de service au visiteur et une nouvelle entrée de la crypte archéologique de l'île de la Cité. Les travaux devraient aboutir en 2027.
