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Il y a 50 ans, l’armée belge s’ouvrait aux femmes : un parcours semé d'embûches  

Il y a 50 ans, le 5 mai 1975, le gouvernement fédéral donnait son feu vert à l’entrée des femmes dans l’armée belge. Cette décision, prise après des années de débat, a marqué un tournant. Chris Myny fut l’une des premières femmes à intégrer les forces armées belges. "Ce furent les plus belles années de ma vie", a-t-elle confiée à la VRT. Aujourd’hui, les femmes représentent 12 % du personnel militaire, selon les chiffres de la Défense.

Eric Steffens
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Les premières femmes intégrant la Défense belge étaient appelées les "DAMAR’s – une abréviation bilingue pour « Dame de la Marine » et « Marine Dame ». C’est le ministre de la Défense de l’époque, Paul Van den Boeynants, qui donna le 5 mai 1975 le feu vert officiel pour le recrutement de femmes dans les rangs de l’armée.

Moins d’un mois plus tard, les 31 premières volontaires féminines s’étaient déjà inscrites. Elles se sont engagées dans la force navale, à Sint-Kruis, près de Bruges, où elles ont entamé leur formation militaire. Un peu plus tard de cette même année 1975, les premières femmes ont également rejoint l’armée de terre et l’armée de l’air.

"Personne n'était prêt à accueillir des femmes"

Parmi ces premières recrues figurait Chris Myny, qui a rejoint l’armée de terre en juin 1975.

"Nous étions environ 70 femmes à intégrer les rangs de l’armée de terre à ce moment-là : 35 francophones et 35 néerlandophones. Je venais tout juste d’être diplômée, j’avais travaillé quelques mois et je cherchais quelque chose de différent. Cela me paraissait excitant, stimulant et inconnu. C’est pour cela que j’ai voulu entrer dans l’armée", a expliqué Chris Myny dans l’émission "De Wereld Vandaag" sur Radio 1 (VRT).

Mais à l’époque, l’armée n’était pas du tout préparée à l’arrivée des femmes. "Personne n’y était prêt. Même les chefs et les lieutenants ne savaient pas comment s’y prendre avec nous. C’était aussi le cas à Lüdenscheid, dans les Forces belges en Allemagne", se souvient-elle.

Déposez votre enfant devant la porte de la crèche. Vous êtes d'abord soldat, ensuite maman.

"Nous, (les femmes dans l’armée ndlr), avons trouvé un conjoint, entamé une relation, puis nous nous sommes mariées et avons eu des enfants. Nous étions les premières à devenir mères au sein de l’armée. Mais la maternité est rapidement devenue un problème", se souvient Chris Myny.

"Un jour, je devais participer à un exercice de tir à 6 heures du matin, et je me suis demandée ce que je devais faire de mon enfant, car la crèche n’était pas encore ouverte. La réponse de l’armée fut : ‘Déposez votre enfant devant la porte. Vous êtes d'abord soldat, ensuite maman’. Heureusement cela a bien évolué au fil des années."  

Faire leurs preuves davantage que les hommes

Cependant, Chris Myny estime que les femmes doivent toujours faire leurs preuves davantage que les hommes dans l’armée. "Cela était vrai dans les années 70, et cela n’a pas changé aujourd’hui."

"A l'époque, on aurait dû aborder la situation différemment. Il manquait cruellement un cadre féminin avec des officières et des sous-officières. Il aurait fallu d’abord cela avant de réellement recruter des femmes soldates."

En raison de l'absence de ce cadre féminin et de la difficulté de concilier maternité et carrière militaire, un grand nombre de femmes ont quitté l’armée  "Nous étions 16 femmes à partir pour Lüdenscheid. Trois d’entre nous ont poursuivi leur carrière militaire. Les autres ont arrêté."  

Un esprit militaire

Cinquante ans après l'entrée des femmes dans l'armée, elles sont devenues un maillon indispensable, déclare la Défense. Selon les chiffres de 2025, elles représentent aujourd’hui 12 % du personnel militaire.

Chris Myny a quitté la Défense après quatre ans. "Je regrette d’avoir quitté l’armée aussi rapidement à l’époque. Ce furent les plus belles années de ma vie."

C'est la raison pour laquelle Chris a un message pour le personnel féminin actuel de la Défense : "Si tu as l’esprit militaire, si tu sens que tu es à ta place dans l'armée, que tu es prête à t’engager pleinement, alors reste dans l’armée".

 

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