Vooruit souhaite que notre pays agisse rapidement pour reconnaître la Palestine et plaide au niveau européen pour des sanctions économiques contre Israël. Le président de Vooruit Conner Rousseau a qualifié la situation à Gaza de génocide. Le CD&V met également la pression au sein du gouvernement fédéral pour qu’il adopte une position plus claire. L'Irlande, l'Espagne et la Norvège ont décidé de reconnaître l'État palestinien. Mais en Belgique, il n'y a toujours pas d'accord au niveau politique.
Après le CD&V c’est au tour de Vooruit de demander au gouvernement fédéral de clarifier sa position sur Gaza
Au sein du gouvernement fédéral, ces derniers mois ont été marqués par le silence concernant la guerre à Gaza. La sensibilité du sujet et les divisions internes ont conduit à une certaine prudence.
Mais Vooruit souhaite que notre pays tienne un discours plus clair. "Le temps presse et nous devons rapidement travailler à une résolution. Je pense que, même en tant que petit pays, nous devons faire entendre notre voix pour appeler à la paix", a déclaré ce lundi le chef de groupe des socialistes flamands à la Chambre, Oskar Seuntjens (photo), lors de l'émission De Ochtend sur Radio 1.
Reconnaissance de la Palestine et sanctions contre Israël
Selon les socialistes, cette résolution devrait inclure le fait que notre pays suive l’initiative du président français Emmanuel Macron visant à reconnaître la Palestine, et qu’il plaide pour la révision de l’accord commercial entre Israël et l’UE.
"Imposer des sanctions économiques qui toucherait l’Etat d’Israël est, selon moi, le seul moyen de faire entendre raison à Netanyahu et au gouvernement israélien d’extrême droite", affirme Oskar Seuntjens.
Ce qui se passe à Gaza n’est pas une guerre, mais un génocide.
Conner Rousseau, président de Vooruit.
Dans Le Soir, son président Conner Rousseau va encore plus loin : "Ce qui se passe à Gaza n’est pas une guerre, mais un génocide." C’est la première fois qu’un membre d’un parti de la majorité gouvernementale qualifie la situation à Gaza de génocide.
Faire pression dans les médias, avec le CD&V
Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a remis le sujet à l’agenda politique belge ces dernières semaines à travers plusieurs interviews. "J’ai bien peur que, dans 20 ou 30 ans, notre génération de responsables politiques prenne conscience de l’insuffisance de sa réaction face à ce conflit", a-t-il déclaré dans l’émission De Afspraak.
Sammy Mahdi souhaite que la Belgique soutienne, lors de la conférence de l’ONU en juin, le plan du président français Emmanuel Macron visant à reconnaître l’État de Palestine.
Les prises de positions dans les médias de Vooruit et du CD&V tranchent avec l’inaction du gouvernement belge jusqu’à présent.
Lors de la commission parlementaire chargée de voter une résolution sur la reconnaissance de la Palestine, aucun député de la majorité n’était présent. Pour justifier cette absence, certains ont avancé que la résolution soumise au vote était insuffisante.
Un argument rejeté par l'opposition
Pour Kjell Vander Elst (Open VLD), cette justification ne tient pas : la résolution appelait notamment à suivre l’initiative du président Emmanuel Macron. "Vous étiez absents parce que vous ne vouliez pas voter, parce que vous ne vouliez pas prendre position. Tout le reste, c’est du vent. Dans les médias, tout est permis, mais au parlement, il n’y a plus personne", a-t-il écrit sur X.
Même au sein de Groen, à l’origine de la résolution, les déclarations médiatiques suscitent l’incompréhension.
Ce que Vooruit et le CD&V demandent aujourd’hui figure exactement dans notre résolution
Staf Aerts, député Groen
"S’absenter au Parlement lorsqu’il est possible de passer à l’action est hypocrite. Ce que Vooruit et le CD&V demandent aujourd’hui figure exactement dans notre résolution. Revenir maintenant avec une version édulcorée serait d’un profond manque de respect envers les souffrances immenses du peuple palestinien à Gaza", déclare le député Groen Staf Aerts.
Vers une position commune avec le MR et la N-VA ?
"Nous avons bien l’intention, si possible dès le mois prochain, de présenter une résolution commune de la majorité afin d’envoyer des signaux clairs", annonce de son côté Oskar Seuntjens.
Mais parvenir à une position unifiée au sein du gouvernement ne sera pas une mince affaire. Le MR et la N-VA restent réticents à reconnaître rapidement l’État palestinien.
Le mois dernier, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) avait affirmé que la Belgique n’arrêterait pas Benjamin Netanyahou en cas de visite chez nous, en dépit du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale — une position qui a profondément irrité le CD&V et Vooruit.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), adopte lui aussi une position plutôt réservée. À propos de l’initiative d’Emmanuel Macron, il a déclaré au Parlement : "Reconnaître l’État palestinien de manière purement symbolique aurait peu de sens si cela crée des problèmes sur le terrain".
