Le meurtrier Freddy Horion, âgé de 77 ans et emprisonné depuis quatre décennies sans perspective de libération après l’assassinat de six personnes, a demandé à se faire euthanasier en raison de "souffrances psychologiques insupportables", a confirmé son avocat Jürgen Millen aux journaux de Mediahuis et de DPG. Ses demandes de libération n’ont jusqu’ici mené à rien. La ministre de la Justice Annelies Verlinden va examiner en profondeur le dossier, indique son cabinet ce vendredi.
Le tueur en série Freddy Horion, condamné à perpétuité, demande l'euthanasie
L’homme né en 1947 et surnommé "Zonnebril" (‘les lunettes de soleil’) a été condamné en 1981 avec son complice Roland Feneulle pour l’assassinat de cinq membres de la famille Setyaert, à Gand en 1979, et d’une autre femme quelques mois plus tôt au port de Gand.
En prison depuis plus de 45 ans et condamné à la peine de mort convertie en emprisonnement à perpétuité, Horion demande à bénéficier d'une libération conditionnelle depuis le début des années 1990, ce qui lui est refusé car il ne peut pas intégrer un institut psychiatrique médico-légal ou une maison de transition pour préparer sa réinsertion dans la société. Il est actuellement l’un des deux hommes qui ont déjà passé le plus de temps en prison en Belgique.
Freddy Horion "vieillit", explique son avocat Me Jürgen Millen. "Et le désespoir devient trop grand pour lui. Sa demande d'euthanasie n'est pas un moyen de pression sur le gouvernement. Il est sincère."
Dans un magazine "Pano" de la VRT, Freddy Horion témoignait déjà en 2017 d’une situation qu’il qualifiait d’inhumaine, notamment parce qu’il ne pouvait pas recevoir de visites, de ses enfants par exemple. "Attendre la mort dans un tel système, on ne le souhaite même pas au pire de ses ennemis", concluait Horion. Il évoquait à l’époque une maladie incurable ou un suicide comme seules solutions pour mettre fin à sa situation.
La ministre de la Justice étudiera le dossier
Dans une réaction, la ministre de la Justice Annelies Verlinden a souligné l'équilibre délicat à trouver entre une détention humaine, la sécurité de la société et la reconnaissance du statut de victime. "Ces trois aspects doivent pouvoir être conciliés au mieux, ce qui signifie que de prudents compromis doivent être faits", a-t-elle indiqué.
