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Pour les agriculteurs (photo d’archives), un peu de pluie serait désormais la bienvenue — et plus encore dans l’ouest du pays.

L'ouest du pays connaît les deux mois les plus secs depuis le début des relevés météos

L’ouest du pays a connu une période exceptionnellement sèche au cours des mois de mars et avril 2025. C’est ce qui ressort des données de l’IRM. Dans le centre du pays, à Uccle, il n’est tombé que 27,8 millimètres de précipitations depuis le 2 mars, le niveau le plus bas en 132 ans — et l’ouest a encore reçu moins de pluie. Parallèlement, il n’y a jamais eu autant de périodes d’ensoleillement qu’au cours des mois de mars et avril réunis. L’agriculture commence peu à peu à en ressentir les effets.

Eric Steffens Michaël Torfs
Publié:

Le mois de mars avait déjà été particulièrement sec, et à cela s’ajoute désormais un mois d’avril également très sec, avec une précision importante : le pays a été littéralement divisé en deux. Dans l’est, il est encore tombé un peu de pluie, mais dans l’ouest (à l’ouest de l’axe Anvers-Bruxelles), les précipitations ont été bien plus rares. En Flandre orientale, en Flandre occidentale et dans le Hainaut, la nature a reçu très peu de précipitations, ce qui commence à poser un réel problème, tant pour les écosystèmes que pour l’agriculture.

Sur les deux mois combinés, il n’est tombé à Uccle que 27,8 litres d’eau par mètre carré, bien en dessous de la moyenne à long terme qui est de 106. Avril est normalement déjà un des mois les plus secs de l’année, mais cette année à Uccle, il n’est tombé qu’un quart de la quantité normale de pluie — et dans l’ouest, parfois à peine un huitième.

Très sec à l’ouest (et plus normal à l’est)

Dans la région de Gand, il n’est tombé que 12 à 13 millimètres de pluie en deux mois, tout comme dans certaines parties de la Flandre occidentale. Comme les données historiques ne remontent pas aussi loin dans les régions spécifiques de Flandre orientale et occidentale qu’à Uccle, l’IRM peut seulement affirmer que l’on y connaît la période la plus sèche depuis plusieurs décennies. Ainsi, à Moere (Gistel), il est tombé 12,1 millimètres de précipitations sur mars et avril réunis — le niveau le plus bas depuis le début des mesures là-bas, en 1985.

La carte de l’IRM ci-dessous, qui indique les précipitations depuis le 2 mars, illustre clairement à la fois l’extrême faiblesse des valeurs enregistrées et la division marquée du pays en deux zones distinctes."

Ci-dessous la carte de l'index de sécheresse au 30 avril 2025

Seules les Ardennes et les Hautes Fagnes sont relativement épargnées, grâce aux pluies tombées dans la seconde moitié du mois d’avril. Grâce aux précipitations abondantes de l’année dernière — mois après mois au-dessus des normales —, il reste encore un peu de réserve. Mais en avril, l’été hydrologique a commencé. À partir de ce moment-là, la nature se réveille, commence à absorber l’eau, et l’évaporation joue également un rôle important.

Jamais autant de périodes ensoleillées en presque 100 ans

Le temps sec a aussi eu un effet positif : le soleil a eu libre champ et a largement brillé. Il n’est donc pas surprenant que l’on ait établi un record absolu d’ensoleillement pour la période mars-avril.

L’ancien record historique de 443 heures et 4 minutes, datant de 2011, a été battu in extremis hier, le dernier jour d’avril, avec quelques heures supplémentaires. On a finalement atteint 447 heures et 53 minutes de soleil. C’est la valeur la plus élevée depuis 1931, année à partir de laquelle la durée d’ensoleillement est mesurée en détail à Uccle.

Cette abondance de soleil a aussi fait fonctionner les panneaux solaires à plein régime. Selon les calculs de la société énergétique EnergyVision, le rayonnement solaire des quatre derniers mois a été le plus élevé depuis dix ans.

Avril : sec, ensoleillé... et chaud

Le bilan mensuel d’avril montre que le mois a été non seulement ensoleillé et sec, mais aussi anormalement chaud. La température moyenne s’est élevée à 12,3 °C, soit près de 2 degrés au-dessus de la normale saisonnière.

Dès le 12 avril, on a connu une journée estivale (température maximale dépassant les 25 °C). Jamais auparavant — depuis le début des mesures en 1892 — une journée estivale n’avait été enregistrée aussi tôt dans l’année.

Par ailleurs, on constate ces dernières années de plus en plus de records de températures journaliers. Environ 80 % de ces records ont été établis après l’an 2000, un signe évident du réchauffement climatique. Le fait que nous vivions actuellement une période exceptionnellement sèche après des mois extrêmement humides confirme, comme les années précédentes, une tendance vers des extrêmes climatiques de plus en plus marqués, conséquence directe des perturbations climatiques.

Quelques averses possibles ce week-end, mais ensuite à nouveau du temps globalement sec

La semaine prochaine s’annonce généralement sèche, bien que les températures devraient chuter sensiblement. Ce week-end marquera une transition vers un temps plus frais, avec quelques averses possibles. Le risque de précipitations sera plus important en Wallonie et dans l’est de la Flandre.

Les agriculteurs s’adaptent : "Moins labourer, ça aide"

Entre-temps, le manque de précipitations commence à poser problème, notamment pour les agriculteurs.

"Ce qui a été semé en hiver, comme le blé d’hiver ou le colza, résiste mieux à la sécheresse, car ces plantes disposent déjà d’un système racinaire plus développé. Mais ce qui doit être semé maintenant, comme les petits pois, le lin ou les prés fleuris, c’est nettement plus délicat", explique Joeri Dewelde, agriculteur à Linter (Brabant flamand), dans l’émission De Ochtend.  

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