Alors que les communes du littoral se préparent à accueillir un afflux de touristes en raison du temps ensoleillé annoncé pour le long week-end du 1er mai, les sauveteurs côtiers mettent en garde contre les risques liés à la basse température de l'eau de la mer. Ils soulignent aussi que seuls les sauveteurs de Knokke-Heist sont actuellement déjà en poste. Dans les autres communes balnéaires, la baignade est en principe interdite. Le Service de secours côtiers IKWV lancera en outre bientôt des campagnes de sensibilisation à l’attention de jeunes qui ne parlent pas le néerlandais et viennent de Bruxelles pour se baigner. Ces 4 derniers étés, seuls des jeunes hommes d’origine étrangère se sont noyés au littoral belge, hors des zones de baignade surveillées.
Les sauveteurs côtiers mettent en garde : l'eau de mer est froide, restez dans les zones de baignade surveillées
Malgré les températures de plus en plus clémentes - comme celles annoncées en ce début de long week-end du 1er mai -, la température de l'eau de mer est encore bien trop basse pour se baigner en toute sécurité, si l’on en croit les services de secours côtiers de Flandre occidentale (IKWV).
"L'eau est à peine à 12° degrés Celsius. En-dessous de 15°C, nous déconseillons fortement de se baigner", explique An Beun de l'IKWV. "Une température aussi froide peut entraîner un choc thermique, avec un risque de crampes ou même, dans les cas les plus graves, une crise cardiaque. Celles et ceux qui souhaitent tout de même entrer dans l'eau devraient le faire avec prudence et rester de préférence près du rivage."
L'IKWV rappelle également que seule la plage de Knokke-Heist sera surveillée par des sauveteurs, dès ce jeudi 1er mai. Et dans un premier temps seulement à hauteur de 3 postes de sauveteurs sur 11. Les autres stations balnéaires ne disposent pas encore de zones surveillées. Ce n’est qu’à partir des vacances d’été que tous les 82 postes de la Côte seront actifs.
"Se tremper les pieds est autorisé, mais restez près du bord de l’eau et ne vous aventurez pas trop loin en mer", recommande An Beun. Cet avertissement intervient alors que la Côte se prépare à un week-end de forte affluence. Selon l'office du tourisme de Flandre occidentale Westtoer, le taux d'occupation des hôtels se situe déjà entre 70 et 85%, et de nombreuses réservations de dernière minute sont encore attendues. Beaucoup de touristes d'un jour devraient également se rendre à la mer ces prochains jours.
Sensibilisation des jeunes hommes issus de l’immigration
Au cours des quatre étés écoulés, seuls des jeunes garçons ou hommes aux origines étrangères se sont noyés en mer du Nord devant la Côte belge. Dans 7 des 8 cas, la noyade s’est produite dans une zone non surveillée par des sauveteurs. Toutes les victimes savaient à peine nager. Le Service de secours côtiers IKWV lancera donc bientôt des campagnes de sensibilisation à l’attention de jeunes qui ne parlent pas le néerlandais et viennent la plupart du temps de Bruxelles pour se baigner.
"N’allez jamais nager là où il n’y a pas de sauveteurs", met aussi en garde depuis des années le gouverneur de Flandre occidentale Carl Decaluwé. "La mer n’est pas une piscine, elle peut être dangereuse". Ce n’est pas un conseil superflu, indiquent les statistiques de l’intercommunale des secours côtiers. L’été dernier, trois personnes se sont en effet noyées. L’une d’elles a perdu la vie dans la zone surveillée à Ostende.
Entre 2021 et 2024, un adolescent de 16 ans et un jeune homme de 20 ans se sont noyés à Ostende, un homme a sombré à Blankenberge, un jeune de 16 ans a perdu la vie à Bredene, et deux hommes polonais se sont noyés entre Blankenberge et Zeebrugge. "Toutes ces victimes étaient des jeunes (hommes) issus de l’immigration, qui parlent une autre langue et savent à peine nager", souligne la directrice de l’IKWV, An Beun. Lors d’incidents qui n’ont pas eu une issue mortelle, les nageurs à secourir étaient souvent des jeunes garçons. L’été dernier, les sauveteurs en mer ont dû intervenir une centaine de fois.
Tom Cocle, sauveteur en chef à Blankenberge depuis 25 ans, fait la même constatation. "Souvent, il s’agit d’une certaine ignorance. Les jeunes ne comprennent pas le néerlandais ni le français, ne peuvent donc pas lire les instructions et nagent hors des zones surveillées ou après les heures de travail des sauveteurs. Nous voyons même souvent des gens qui veulent se baigner tout habillés et avec leurs chaussures, mais alors vous êtes soumis au courant, c’est vraiment dangereux".
Selon An Beun, le plus difficile sera sans doute de faire parvenir le message de sensibilisation au groupe cible, à l’occasion de l’ouverture de la saison de baignade. "D’une part, il y a la barrière de la langue. Il existe bien entendu les réseaux sociaux, mais chacun utilise un autre canal. Nous voudrions donc motiver les influenceurs, pour qu’ils nous aident à diffuser notre message".
L’IKWV prépare des campagnes de communication et de sensibilisation, en collaboration avec la province de Flandre occidentale, les communes du littoral et d’autres partenaires, comme le groupe d’assurance Axa. Elles devraient être lancées avant les grandes vacances d’été.
