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Le ministre Vandenbroucke veut bannir les vapes : "Une menace pour la jeunesse"

"C’est un produit malsain et dangereux qui doit être éliminé de la planète." Telle a été la réaction du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), après la diffusion du reportage de Pano (VRT) sur l’usage des cigarettes électroniques chez les enfants et les adolescents. Bien que les puffs, ou cigarettes électroniques jetables soient interdites en Belgique depuis cette année, elles restent très populaires auprès des jeunes. Pire encore : certaines contiendraient des substances particulièrement dangereuses, voire des drogues.

Eric Steffens Belga
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D’après le reportage du magazine Pano, les cigarettes électroniques gagnent en popularité auprès des jeunes. En plus des vapes classiques, des vapes au cannabis font désormais leur apparition : il s’agit de dispositifs contenant un liquide à base de THC, la substance active principale du cannabis. Mais de nombreuses vapes de ce type ne contiennent pas de THC, mais du spice – une drogue synthétique qui imite les effets du cannabis. Contrairement au cannabis naturel, le spice est bien plus puissant et plus addictif.

"C’est une industrie criminelle, et ces vapes doivent disparaître de la planète", a déclaré ce jeudi le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), dans l’émission De Ochtend. "Cette industrie criminelle cherche des moyens d'attirer une nouvelle génération d’enfants et de jeunes."

On ignore encore dans quelle mesure les vapes contenant du spice sont répandues en Belgique. "Il est nécessaire d’entamer une concertation avec la police et la ministre de l’Intérieur pour mieux cartographier la situation", a ajouté Frank Vandenbroucke.

Il s’indigne également de l’attrait trompeur de ces produits : "C’est effrayant que la nicotine, et à présent aussi même des drogues, soient associées à des goûts de pomme, de fraise et que sais-je encore", déplore le ministre.

Vandenbroucke appelle à une coopération européenne renforcée

En plus des vapes contenant du spice, le reportage de Pano révèlle également que de nombreuses cigarettes électroniques jetables circulent toujours dans les écoles secondaires, malgré leur interdiction en Belgique depuis le début de l’année.

"Tous les produits évoqués dans le reportage de Pano sont interdits", a réagi le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), dans l’émission De Ochtend. "Les smartvapes avec jeux intégrés, les puffs jetables, les vapes ornées de gadgets… tout cela est interdit chez nous. Mais malheureusement, ces produits sont toujours autorisés dans d’autres pays, et c’est bien là le problème."

La vente en ligne de cigarettes électroniques est, elle aussi, interdite en Belgique depuis 2016. Mais comme d'autres pays de l'Union européenne permettent encore cette pratique, il devient très difficile de faire respecter l’interdiction, explique le ministre :

"Le problème ne vient pas de notre législation nationale, mais du manque de réglementation et de coordination au niveau européen."

Malgré tout, les vapes jetables illégales continuent d’être largement vendues, ce que déplore Vandenbroucke, tout en défendant fermement l’interdiction en vigueur : "C’est un produit malsain et dangereux, et les vapes doivent être éliminées. Il ne faut pas essayer de les normaliser à coups de règles qui prétendraient en encadrer l’usage de façon plus stricte."

Dix organisations veulent des mesures pour protéger les jeunes contre le vapotage

De leur côté, dix organisations actives dans la santé et la prévention ont demandé mercredi aux décideurs politiques de prendre des mesures supplémentaires pour fermer l'accès des jeunes aux e-cigarettes. Elles ont formulé cette demande en réponse au reportage de l'émission "Pano" sur le vapotage.

Les organisations dénoncent "la forte augmentation" des e-cigarettes et autres produits à base de nicotine chez les jeunes. Elles rappellent les effets néfastes de la nicotine. "Avec la cocaïne et l'héroïne, elle fait partie des substances les plus addictives qui existent", soulignent-elles. Ces dernières insistent sur le fait que, comme le cerveau des adolescents n'est pas encore complètement développé, ils sont beaucoup plus susceptibles de devenir dépendants.

"Pour la santé mentale des jeunes, la nicotine est pernicieuse: ceux qui vapotent sont non seulement exposés à des troubles de la concentration, mais sont aussi plus susceptibles de souffrir d'anxiété et de dépression", ajoutent-elles. Outre la nicotine, les vapes contiennent également d'autres substances nocives. "Les milliers d'e-liquides différents sur le marché contiennent une variété de substances qui ont des effets potentiellement négatifs sur la santé lorsqu'ils sont inhalés fréquemment. Lors du chauffage, des composés indésirables peuvent également être libérés, notamment des métaux. L'e-cigarette est un produit nocif dont les effets à long terme ne sont pas encore connus."

Ces organisations demandent, entre autres, de mettre un frein à la promotion numérique et au commerce illicite, d'appliquer plus strictement l'âge minimum de vente et de restreindre les arômes qui rendraient les e-cigarettes plus attrayantes pour les jeunes.

L'appel est lancé par la Fondation contre le Cancer, Kom op tegen Kanker, VRGT (Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding), la Ligue cardiologique belge, la Ligue du diabète, le Fonds des affections respiratoires, le Service d'étude et de la prévention du tabagisme, l'Observatoire de la santé du Hainaut, BeRS (Belgian Respiratory Society) et BeLF (Belgian Lung Foundation).  

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