Le transbordement de marchandises dans les ports d'Anvers et de Zeebrugge a diminué de 4%, passant ainsi à 67,7 millions de tonnes, au premier trimestre 2025 par rapport à la même période l'année précédente, rapporte l'autorité portuaire. L'impact des droits de douane américains reste pour le moment limité, mais l'incertitude plane pour les mois à venir.
Une baisse de l'activité constatée au Port d'Anvers-Bruges au premier trimestre
La baisse est principalement liée à une forte chute du vrac. En revanche, le trafic de conteneurs a continué à croitre avec 4,6% de plus qu'au premier trimestre 2024. Le Port d'Anvers-Bruges, qui regroupe les deux sites portuaires, est récemment passé de la 15e à la 14e place dans le classement des plus grands ports à conteneurs. Une belle performance, compte tenu des "incertitudes géopolitiques et des restructurations au sein des alliances de conteneurs", commente l'autorité portuaire.
Les États-Unis étant le deuxième partenaire commercial du port, celui-ci "sera très attentif aux mois à venir, au cours desquels les effets du changement de climat commercial pourraient se préciser (...). La transition vers les nouvelles alliances, les grèves et la congestion dans d'autres ports ont entraîné un allongement de la durée de séjour des conteneurs et donc une pression accrue sur la capacité des terminaux", précise-t-il.
Le vrac liquide, qui inclut notamment les carburants, est le secteur le plus impacté, avec une baisse de 19,1%. La diminution du trafic d'essence, de naphte et de gaz naturel liquéfié (GNL) est notamment liée à la mauvaise santé de l'industrie pétrochimique européenne et aux sanctions de l'Union européenne sur le transit du GNL russe.
Le port souligne aussi "l'évolution des conditions du marché en Afrique", en référence à l'augmentation de la production de pétrole au Nigeria, noatmment. Les transbordements de produits chimiques ont augmenté de 10,9 %, principalement en raison d'une forte hausse des biocarburants (+128 %). "Sans cette augmentation, le segment des produits chimiques aurait connu un léger déclin", précise le port.
Le secteur des vracs divers (acier, bois, fruits, etc.) a connu une légère baisse (-5,4 %). Le transbordement RoRo (roll on roll off) a légèrement augmenté (+1,1 %), malgré une forte baisse du transbordement des voitures neuves (-11,3 %), et le vrac sec est resté pratiquement stable (-0,8%).
"Bien que certaines entreprises fassent preuve d'anticipation, aucune accélération claire des exportations vers les États-Unis n'est perceptible à ce jour. Les exportations de conteneurs ont augmenté de 3,2 %, l'acier a connu un pic temporaire en janvier et le transport de voitures est resté stable grâce à une augmentation de la part des camions et voitures d'occasion", conclut l'autorité portuaire.
Débit de conteneurs : le port d'Anvers surpasse Rotterdam
Pour la première fois en un trimestre, le port d'Anvers dépasse le port de Rotterdam en termes de débit de conteneurs, indique les données trimestrielles publiées par les deux infrastructures. Le débit total de marchandises reste toutefois plus élevé aux Pays-Bas.
À Anvers, le débit de conteneurs a augmenté au cours du premier trimestre, pour atteindre 3,4 millions de caissons de taille standard (EVP). Le port de Rotterdam a, lui, enregistré un débit de 3,3 millions de conteneurs. Les Pays-Bas ont échangé beaucoup moins de minerai de fer, de charbon et produits pétroliers. La baisse des exportations néerlandaises a notamment joué un rôle, de même que les arrêts de travail chez Hutchison Ports à Rotterdam.
