L’UGent recommande à ses collaborateurs de conserver les données liées à des sujets "sensibles pour les États-Unis" sur les serveurs propres à l’université. Il s’agit, par exemple, de recherches sur le climat, l'inclusion ou sur le genre. La recommandation s’applique aux chercheurs de l’UGent, qu’ils se trouvent aux États-Unis ou ailleurs. "Ainsi, nous évitons que des données puissent être effacées depuis des serveurs américains".
Climat, genre, inclusion : l’UGent recommande de stocker les données sensibles liées aux États-Unis sur ses propres serveurs
"Il est recommandé aux chercheurs qui travaillent sur des thématiques que le gouvernement américain considère comme sensibles de conserver leurs données de recherche et leurs publications sur un serveur de l’université de Gand (UGent)", peut-on lire dans une newsletter officielle destinée au personnel de l’université.
L’UGent cite, à titre d’exemples, des recherches sur le changement climatique, les droits des personnes transgenres, ainsi que sur la diversité et l’inclusion.
Cette recommandation est prise par mesure de précaution. Il n’est pas clair si des données ont déjà été effacées dans le cadre de recherches impliquant des collaborateurs de l’UGent. Depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, de tels cas se seraient toutefois produits dans certaines institutions aux États-Unis.
Nouveaux conseils aux voyageurs se rendant aux Etats-Unis
L’université de Gand (UGent) attire aussi l’attention sur le nouvel avis de voyage émis par la Belgique, ainsi que sur le durcissement des contrôles aux frontières pour les membres du personnel voyageant vers ou depuis les États-Unis.
"Nous demandons aux chercheurs de faire preuve de prudence, en particulier s’ils se sont exprimés publiquement de manière critique à l’égard du gouvernement américain." Là aussi, il s’agit d’une mesure de précaution. Aucun incident n’a encore été signalé concernant des collaborateurs de l’UGent, mais certains ont impliqué d’autres chercheurs étrangers.
Un groupe de soutien existe au sein de l’université pour aider en cas d’incident, même en dehors des heures de bureau. L’UGent dispose également d’un conseiller chargé de suivre la situation et de fournir des conseils pour les collaborations en cours. Cela peut concerner, par exemple, des questions soudaines portant sur la diversité, l’égalité et l’inclusion.
Les nouvelles collaborations doivent être conformes à la politique en matière de droits humains de l’UGent. Cela signifie qu’aucune violation des droits humains ne peut avoir lieu dans le cadre des activités. Les institutions américaines partenaires, par exemple, ne peuvent pas licencier des universitaires en raison de leurs opinions critiques.
Le SPF Affaires étrangères a adapté ses conseils de voyages concernant les Belges désirant se rendre aux États-Unis. La Belgique prévient que pour bénéficier d'un visa ou d’un ESTA, il faudra indiquer le sexe "masculin" ou "féminin".
En effet, l'administration Trump a déclaré qu'il n'existe "que deux genres". De ce fait, elle a contraint un certain nombre de citoyens américains à revenir officiellement à leur genre de naissance et complique fortement l'accès à son territoire aux personnes ayant changé de sexe ou présentant la mention de genre "X" sur leurs passeports.
Protéger l’enseignement et la recherche contre toute ingérence politique
L’université de Gand (UGent) souligne qu’elle adhère à la position européenne concernant les collaborations avec les États-Unis, telle qu’elle a été formulée par la European Federation of Academies of Sciences and Humanities (ALLEA). "Nous mettons tout en œuvre pour protéger la recherche et l’enseignement contre toute forme d’ingérence politique."
Aux États-Unis, le nouveau gouvernement Trump impose des règles plus strictes aux universités. Celles-ci risquent également de perdre une partie de leurs subventions si elles ne répondent pas à certaines exigences. Cela a déjà conduit à d'importantes pertes d’emplois.
Lundi, l’université de Harvard a attaqué l'administration de Donald Trump en justice contre le gel de 2,2 milliards de dollars de subventions fédérales pour avoir rejeté des exigences du gouvernement américain la semaine dernière.
