Près d’un demi-million d’infractions routières supplémentaires ont été enregistrées en 2024 par rapport à 2023, selon les chiffres publiés lundi par le SPF Justice. Sur la période 2022-2024, la majorité des auteurs d’infractions routières identifiés étaient des particuliers (et non des entreprises) résidant en Belgique.
Près d’un demi-million d’infractions routières supplémentaires en 2024
Les citoyens représentaient 64 % des contrevenants, contre 36 % d’entreprises. Parmi les particuliers verbalisés, 84 % résident en Belgique.
Outre les Belges, les contrevenants au code de la route sont principalement des ressortissants de pays voisins tels que les Pays-Bas (5,69 %), la France (4,98 %), l’Allemagne (1,7 %) et le Luxembourg (0,7 %). Un plus petit groupe de contrevenants vient de Pologne (0,67 %).
Au total, 7.448.482 infractions ont été constatées en 2024, soit une augmentation de 499.681 par rapport à l’année précédente. La hausse est particulièrement marquée en Wallonie (+44 % sur la période 2022-2024) et à Bruxelles (+32 %). La Flandre reste toutefois la région enregistrant le plus grand nombre absolu d’infractions routières, avec 4,4 millions de dossiers.
Comment expliquer cette hausse ?
Selon Edward Landtsheere du SPF Justice, plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. La Wallonie et Bruxelles, qui étaient en retard, ont installé beaucoup plus de radars ces dernières années. De plus, les marges de tolérance, autrefois plus larges, ont été considérablement réduites.
En Flandre, ces marges de tolérance étaient déjà beaucoup moins présentes. Par ailleurs, de nombreuses communes flamandes infligent des amendes administratives communales (SAC) pour les infractions mineures, ce qui n’est pas le cas à Bruxelles ni en Wallonie.
Les excès de vitesse, qui sont à l’origine d’un accident mortel sur trois, restent l’infraction routière la plus fréquente. La police traite la majorité des infractions – environ 93 % – de manière automatique via la perception immédiate, et dans 93 % de ces cas, un excès de vitesse est en cause.
Pour les infractions plus graves, le ministère public peut proposer une transaction pénale ou citer le contrevenant devant le tribunal de police.
Le risque de se faire flasher en hausse
Le risque de se faire flasher pour excès de vitesse a augmenté ces dernières années, confirme la Justice. « Nous récoltons les fruits des investissements réalisés précédemment, tels que l’installation de radars tronçons, de caméras mobiles et une coopération renforcée avec les services de police », explique-t-elle.
Entre 2023 et 2024, le nombre d’infractions enregistrées par caméras mobiles a augmenté de 10 %. La suppression des marges de tolérance sur les autoroutes a également contribué à cette augmentation.
Environ un tiers des infractions routières en Belgique sont commises avec une voiture de société. En 2023 et 2024, environ 75 % des entreprises ont identifié le conducteur responsable, contre seulement 57 % en 2022 – une nette amélioration.
Bilan humain préoccupant
En 2024, les accidents de la route en Belgique ont fait 43.591 victimes, dont 363 décès.
