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Stupeur dans les établissements pénitentiaires après l'action des magistrats du parquet : "Ils nous refilent la patate chaude"

"Ils nous laissent gérer une situation explosive", déclare Robby De Kaey, délégué du syndicat socialiste ACOD, en réaction à l’action des magistrats du parquet d’envoyer finalement 4.000 condamnés en prison. Ils agissent ainsi en signe de protestation contre les coupes envisagées dans leurs pensions par le gouvernement fédéral. Du côté de l’administration pénitentiaire, la décision suscite une réaction de totale incrédulité.

Eric Steffens
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"Le fait que nous ayons dû apprendre cela par la presse est un véritable coup de poing pour notre personnel", a déclaré Kathleen Van De Vijver de l'administration pénitentiaire.

"Le parquet met ainsi en danger non seulement la sécurité de notre personnel, mais aussi celle de la société. Dans un système déjà sous pression, cela nous semble totalement incompréhensible. Nous faisons tout notre possible pour maîtriser la situation et prendrons les mesures nécessaires."

Robby De Kaey, délégué du syndicat socialiste ACOD, estime que "la patate chaude est désormais envoyée aux prisons". "Je ne sais pas comment nous allons devoir gérer cela."

Selon Robby De Kaey, le procureur général de Bruxelles Frédéric Van Leeuw a tort lorsqu'il dit que la magistrature portera de manière disproportionnée les conséquences de la décision du gouvernement fédéral de réduire leurs pensions. "Tout le monde devra travailler plus longtemps, tout le monde aura une plus petite pension, pas seulement la magistrature, si j’ai bien compris", a expliqué Robby De Kaey sur Radio 1 dans l’émission De Ochtend. "Mais eux, ils ont la position unique d'utiliser leur pouvoir comme levier face au gouvernement."

"Cette action va nous replonger dans une situation intenable"

De Kaey souligne également que la magistrature connaît très bien la situation dans les prisons. Actuellement, il y a 13 000 détenus dans les prisons belges, alors qu'elles ne peuvent en accueillir que 11 000. L'accord de Pâques du gouvernement fédéral comprenait d'ailleurs un plan d'urgence pour traiter la surpopulation carcérale.

"C’est un drame. Nous avions entrevu une amélioration, car un certain nombre de mesures avaient été prises pour réduire cette surpopulation. L’accord prévoyait que cela se ferait progressivement, par étapes mensuelles. Il était grand temps, il y avait des signes d’amélioration, et puis à présent voilà cette action, qui remet tout en cause et plonge de nouveau les gens dans une situation intenable."

Difficile de savoir ce qui va se passer maintenant

On ignore encore si ces 4 000 personnes condamnées finiront effectivement en prison. "La patate chaude est maintenant renvoyée vers les prisons. Je ne sais pas encore comment elles vont gérer cela", explique-t-il.

"Mais si l'on ne réagit pas rapidement, je crains le pire", ajoute De Kaey. "Pour les membres du personnel dans les prisons, mais aussi pour vous et moi en tant que citoyens. Le taux de récidive (les personnes qui retombent dans la criminalité après une peine de prison, ndlr.) de 70 % et plus ne baissera certainement pas si nous continuons à entasser encore plus de détenus dans des cellules bien trop petites, avec trop peu de personnel et de moyens."

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