À la fin de l’année dernière, 9 777 personnes sans abri ont été recensées dans la Région de Bruxelles-Capitale. Il s’agit d’une augmentation de 25 % par rapport à 2022, selon un comptage réalisé par l'asbl Bruss’Help. Ce rapport, qui compile les données de terrain, vise à fournir un outil aux décideurs politiques afin de mettre en place des solutions structurelles pour freiner la progression du sans-abrisme.
Bruxelles : près de 10.000 personnes sans abri ou sans chez-soi, une hausse de 25 % en deux an
Dans la nuit du 6 au 7 novembre 2024, 9 777 sans-abri ont été recensés dans la Région de Bruxelles-Capitale. C'est un quart de plus qu'en 2022, lors du dernier recensement. Ces chiffres figurent dans le dernier rapport de Bruss'Help, une organisation qui recense tous les deux ans le nombre de sans-abri avec l'aide de bénévoles, en Région de Bruxelles-Capitale.
La nuit du recensement, près de 4 000 de ces personnes étaient hébergées dans des centres d'hébergement d'urgence ou dans ce que l'on appelle des logements temporaires. Dans ce dernier cas, les personnes occupent un bâtiment vide avec l'accord du propriétaire (qui est généralement une association).
Moins de squats
L'occupation d'un bâtiment sans l'autorisation du propriétaire est également courante. Toutefois, ce type de squat est en baisse. À la fin de l'année dernière, 683 personnes vivaient dans ce type d'immeuble, soit une baisse de 26 %. Cette baisse est principalement due à la fermeture d'un grand squat dans la rue des Palais à Schaerbeek.
Par ailleurs, 513 sans-abri étaient hébergés dans des abris non autorisés. Cela représente une augmentation de 30 %. Les abris non agréés sont des abris organisés par une association ou autre, mais non reconnus par le gouvernement.
Près de 1 000 personnes à la rue
En outre, 992 personnes dormaient simplement dans la rue, soit environ 10 % du total. Ces personnes passent alors la nuit, par exemple, dans une station (de métro), une voiture ou ailleurs dans les espaces publics. Ce chiffre a augmenté de près de 23 % depuis 2022, surtout aux abords des gares.
Sur les 992 sans-abri qui dorment dans la rue, 613 se trouvent dans des communes situées à la périphérie de la Région de Bruxelles-Capitale. C'est deux fois moins que lors du recensement de 2022, ce qui indique que le problème s'étend dans l'espace.
Solutions possibles
Plusieurs organisations travaillent depuis des années à la lutte contre le sans-abrisme, tant dans les centres d'hébergement que dans la rue. Par exemple, près de 60 % des personnes recensées sont aidées par ces structures d'hébergement.
Les organisations tentent ainsi de stabiliser leur situation, par exemple en leur trouvant un lieu de vie permanent. Pourtant, pour 4 sans-abri sur 10, aucune solution concrète n'est disponible à court terme pour améliorer leur situation économique et sociale.
Bruss'Help souligne que tout ce soutien ne peut manifestement pas enrayer la croissance du sans-abrisme et affirme que l'ampleur du problème dépasse toutes les initiatives isolées.
"Ces chiffres servent donc d'outil aux décideurs politiques pour développer des politiques publiques plus efficaces, plus structurelles et plus humaines", écrit l'organisation dans son communiqué de presse.
Une grande hétérogénéité de situations
Le dénombrement de 2024 met en lumière une grande hétérogénéité de situations, du jeune en rupture familiale aux femmes victimes de violences conjugales en passant par les personnes atteintes d'addictions.
La hausse du nombre de personnes sans chez-soi s'explique notamment par une augmentation de la pauvreté à Bruxelles et des loyers qui deviennent impayables pour certains locataires. Le fait que les hommes seuls ne sont plus accueillis dans les structures d'accueil de Fedasil a aussi un impact sur le nombre de sans-abri recensés, estime Bruss'Help.
