L'Institut national pour la Santé publique et l'environnement (RIVM) des Pays-Bas déconseille aux citoyens néerlandais de consommer des œufs issus des poulaillers de particuliers. Une de leurs études, menée aux Pays-Bas, démontre que plus de la moitié des œufs issus des entités analysées dépassent la quantité limite de PFAS recommandée.
Quelques précautions pour éviter les PFAS dans les œufs issus des poulaillers des particuliers
L'Institut néerlandais a examiné dans 60 endroits à travers le pays la quantité de PFAS que les gens peuvent ingérer en consommant des œufs de leurs poules. Dans plus de la moitié des endroits, la consommation de moins d'un œuf par semaine dépasse déjà la limite autorisée. Ces sites sont répartis sur presque toutes les provinces des Pays-Bas, du nord-est de Groningue au sud-ouest de la Zélande, et du nord-ouest de la Frise au sud du Limbourg.
L'institut souligne toutefois que les œufs de poules des particuliers ne sont pas la seule source de PFAS pour la population. "Les gens ingèrent également beaucoup de PFAS par d'autres aliments et l'eau potable. La quantité de PFAS ingérée via des œufs privés s'ajoute à cela", expliquent les chercheurs. "Il est donc déconseillé de consommer des produits contenant de fortes concentrations de PFAS, comme ces œufs issus de poulaillers privés."
Et en Flandre
Le Département flamand des Soins fait référence à l'avis déjà en vigueur, selon lequel il est conseillé de varier sa consommation alimentaire, en alternant les œufs et légumes de son propre jardin avec des produits achetés en magasin. Il est généralement recommandé de ne pas consommer plus de 2 œufs provenant de ses propres poules par semaine.
De plus, le porte-parole Joris Moonens souligne également les mesures dites "sans regret" qui sont en vigueur dans plusieurs endroits où la concentration de PFAS est élevée. Celles-ci incluent, entre autres, le conseil de ne pas consommer de légumes ou de fruits cultivés soi-même, ni d'œufs provenant de poules élevées dans son propre jardin.
Et en Wallonie
De son côté, la Région wallonne n'interdit pas de consommer ces œufs, mais le Conseil scientifique indépendant (CSI) recommande aux éleveurs amateurs de volailles pondeuses résidant en zone polluée par les PFAS de prendre quelques précautions.
La contamination des œufs par les polluants éternels "survient généralement lorsque les poules picorent le sol", explique le porte-parole du service public de Wallonie (SPW), Nicolas Yernaux.
Le CSI recommande aux détenteurs de poulaillers habitant dans les zones polluées par les PFAS de mettre en place deux mesures "simples": déposer la nourriture des volailles dans des mangeoires et donner à ces animaux une alimentation "équilibrée", contenant des protéines et des minéraux, pour éviter que les poules picorent le sol à la recherche de vers et de larves. En respectant ces conseils, les volailles limiteront le contact avec des particules contaminées qui se situent majoritairement dans le sol.
"La région n'interdit donc pas de consommer [des œufs issus des élevages de particuliers] sauf si les sols sont très contaminés", conclut Nicolas Yernaux.
