Le dernier sous-marin allemand gisant dans les eaux territoriales belges a été repéré et identifié. Il date de la Première Guerre mondiale (1914-1918). "La situation stratégique d'Ostende et de Zeebrugge a été cruciale dans le bras de fer anglo-allemand", explique Tomas Termote, archéologue maritime. "La Belgique compte 11 épaves de sous-marins allemands datant de la Première Guerre mondiale. La plupart d'entre eux ont coulé après avoir heurté des mines".
L'épave du dernier sous-marin allemand gisant au large de la côte belge a désormais été identifiée
Tous, sauf un, avaient été identifiés ces dernières années. Le dernier a donc désormais aussi livré ses secrets. "Ce ne fut pas une sinécure car il n'y a que via les inscriptions sur la visserie que nous pouvions à coup sûr identifier l'épave. Mais celle-ci est presque totalement ensevelie sous un banc de sable. Seul le kiosque (ou massif) et une partie du canon sont encore visibles, les vis se trouvaient 4 à 5 mètres sous le sable".
Un puits a été creusé et a permis de dégager les vis et d'identifier un bâtiment UB-57. "L'épave se trouve dans un état remarquable", note encore Tomas Termote.
Le UB-57 était un bâtiment long de 55 mètres, lourdement armé. Il a coulé 49 navires durant la guerre avant de partir pour sa dernière mission le 3 août 1918.
Le 14 août à 22h15, il envoyait un dernier signal radio pour indiquer qu'il prenait le chemin du retour après avoir coulé trois bateaux. Il a ensuite disparu des radars.
Il y avait 34 membres d'équipage à bord. Une semaine plus tard, les corps de cinq membres d'équipage se sont échoués sur le rivage à Zeebrugge et Vlissingen. "Le UB-57 a probablement sauté sur une mine", selon Tomas Termote. "Le triangle Angleterre-France-Belgique en était truffé".
Il y a donc actuellement les restes de 29 membres d'équipage dans l'épave. Le gouverneur de la province, Carl Decaluwé : "C'est une sépulture maritime. Les corps de 29 personnes se trouvent encore dans ce sous-marin. Et nous devons traiter cela avec respect. Étant donné que l'épave a plus de 100 ans, elle est automatiquement protégée. Exhumer l'épave n'est donc pas une option."

