Comme annoncé depuis le mois dernier, un nouveau mouvement de grève a débuté sur le rail belge lundi soir à 22h, pour une durée de 24 heures. C'est déjà le vingtième jour de grève cette année pour le secteur. Cette fois, ce sont 5 des 6 syndicats qui ont suspendu le travail pour protester contre les projets du nouveau gouvernement fédéral, notamment en matière de pensions mais aussi d’économies pour les chemins de fer. La SNCB a établi un service alternatif : environ la moitié des trains IC roulent ce mardi, ainsi que 3 trains L et S sur 5. Seul 1 train P (heures de pointe) sur 5 circule.
Le 20e jour de grève de cette année sur le rail a débuté lundi soir, pour 24 heures
Cette action est menée à l'initiative de la CGSP Cheminots, de la CSC-Transcom, du SLFP, du Sic et du Sact. Les syndicats ont constitué un front commun pour une grève de 24 heures sur le rail ce 8 avril et les mardis suivants - les 15, 22 et 29 avril. Une nouvelle grève générale est prévue le 29 avril.
À l'origine de ce mouvement de grogne, on retrouve les projets de réforme du nouveau gouvernement fédéral, notamment les mesures concernant le relèvement de l'âge légal de la pension - certains cheminots bénéficiant actuellement de la possibilité de partir à la retraite dès 55 ans - et les restrictions budgétaires imposées à la SNCB, à hauteur de 675 millions d’euros.
Une grève avait déjà perturbé le réseau ferroviaire en mars en raison d'une action menée par le syndicat indépendant Metisp-Protect. Le rail belge avait ainsi été touché pendant une semaine par des mouvements de grève, venus s'ajouter aux nombreuses autres actions syndicales organisées en parallèle.
La SNCB a mis en place un service alternatif, dont les détails sont communiqués via le site web et l'application. Mais l’action de grève a aussi des répercussions sur le trafic international des trains, vers les Pays-Bas, l’Allemagne et la France. Certaines liaisons devraient tomber à l’eau. Les trains à grande vitesse Eurostar vers Londres devraient par contre circuler comme prévu.
La grève coûte de l’argent
Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire en Belgique, Infrabel, a réalisé une première évaluation des pertes de revenus engendrées par les actions de grève des mois de janvier et février. Elles monteraient à 1 million d’euros par jour de grève en semaine et 300.000 euros pour les jours de grève pendant le week-end.
Cette perte est liée aux frais que les sociétés ferroviaires comme la SNCB doivent payer à Infrabel pour pouvoir utiliser les voies. Lorsque celles-ci ne sont pas utilisées, il n’y a pas de paiement. La SNCB, quant à elle, n’a pas encore d’estimation sur les pertes qu’elle a subies mais elles devraient se chiffrer en millions.
Plus positif est le fait que la ponctualité des trains a atteint 91,9% en mars, annonçait la SNCB lundi. C'est mieux qu'en mars 2024, quand 90,2% des trains étaient à l'heure. La SNCB a toutefois précisé qu'en raison d'actions de grève contre les mesures du gouvernement, moins de trains ont circulé le mois dernier.

