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Le ministre-président flamand Matthias Diependaele

Sécurité et résilience : le gouvernement flamand donne le feu vert à son propre Plan de défense

Le gouvernement flamand a approuvé vendredi soir, au terme d'une réunion marathon de presque 12 heures, son propre plan dédié à la défense, a confirmé le ministre-président Matthias Diependaele. "Nous voulons contribuer à la sécurité de tous les Flamands et tous les Européens, mais de façon réfléchie". Le plan a été découpé en dix points et propose notamment la création d'un fonds flamand consacré à la défense qui regroupera jusqu'à un milliard d'euros de capitaux, ainsi que la création d'un Centre flamand pour la sécurité numérique, et une réforme de la directive Muyters. Le secteur de la technologie réagit avec satisfaction.

Anne François Belga
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Ce Plan de défense, approuvé juste avant les vacances scolaires de Pâques du côté néerlandophone, représente la contribution flamande à l'effort de défense national. La Flandre n'investira pas dans des équipements militaires (chars, munitions...), qui est une compétence fédérale, mais souhaite soutenir et participer à l'expansion de l'industrie de la défense. Le plan flamand est découpé en dix points.

Il propose d'abord la création d'un fonds flamand consacré à la défense "qui regroupera jusqu'à un milliard d'euros de capitaux stratégiques pour les entreprises disposant d'une technologie de défense ou à double usage". Un budget de 10 millions d’euros sera immédiatement libéré pour un appel à projets de recherche et de développement dans le secteur de la défense.

Du matériel militaire au port d'Anvers (photo du 5 mars 2025, comme illustration)

"Importance stratégique"

En outre, la directive Muyters sera réformée. Cette circulaire de l'ancien ministre nationaliste flamand de l'Économie stipule, notamment, que le soutien des pouvoirs publics à la recherche et au développement des entreprises de défense n'est autorisé que si les technologies ont une application civile, en plus de l'application militaire. La suppression de cette directive "lève un frein à la recherche flamande en matière de défense".

"Partout en Europe des dépenses nécessaires en matière de défense sont effectuées. Si nous investissons maintenant de façon intelligente et mettons en valeur nos atouts dans le domaine de la haute technologie, nous pouvons faire de la nécessité une vertu pour l’économie flamande", déclarait Matthias Diependaele.

Le gouvernement régional a également convenu de moderniser le décret flamand sur le commerce des armes "afin que les entreprises flamandes puissent exporter plus rapidement et plus facilement, tout en respectant la sécurité et les accords internationaux".

Par ailleurs, un Centre flamand pour la sécurité numérique sera créé dès le 1er mai. "Les récentes cyberattaques menées par des pirates russes contre des sites gouvernementaux soulignent la nécessité urgente de renforcer notre infrastructure numérique", a justifié Matthias Diependaele.

Rendre les citoyens plus résilients

La ministre flamande de l’Intérieur Hilde Crevits (photo) a annoncé un Programme flamand de résilience civile pour améliorer la résistance des citoyens dans les villes et communes flamandes. Il se base sur trois piliers : un corps de volontaires communaux, des programmes de formation sur les services d’urgence et une amélioration de la résilience numérique.

La ministre flamande de l'Intérieur Hilde Crevits (archives)

Agoria, la fédération des entreprises de technologie, se dit satisfaite du nouveau Plan de défense du gouvernement flamand et tout particulièrement de la suppression de la directive Muyters.

L’organisation patronale Voka est prête à collaborer à l’élaboration d’un secteur de la défense à part entière. Elle projette d’établir ces prochains mois une liste d’entreprises de divers secteurs qui sont prêtes à développer des activités qui peuvent soutenir directement ou indirectement la capacité militaire de la Belgique. Selon l’administrateur-délégué Hans Maertens, il s’agit d’entreprises de l’industrie technologique, mais aussi des industries de l’alimentation, du textile et de la construction. "Sur le plan géopolitique, l’Europe sera de plus en plus autonome. Des entreprises privées peuvent jouer un rôle important dans cette résurrection géopolitique".

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