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Le Premier ministre Bart De Wever (à g.) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à dr.)

Une arrestation éventuelle de Benjamin Netanyahu en Belgique relève-t-elle du gouvernement ?

Une arrestation éventuelle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'il foulait le sol belge n'est pas une décision qui relève du gouvernement fédéral mais qui procéderait d'une décision judiciaire, a fait remarquer ce vendredi le cabinet du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot. En cause, la déclaration de Bart De Wever, jeudi soir au micro de VRT NWS : le Premier ministre estime qu’il n’est pas certain que son homologue israélien, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, serait arrêté s’il venait en Belgique. Cette déclaration, qui n’a pas fait l’objet d’une concertation préalable au sein du gouvernement, a provoqué les vives critiques de l’opposition et de diverses organisations non-gouvernementales.

Anne François Belga
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Le Premier ministre Bart De Wever a suscité la polémique ce vendredi matin après des déclarations où il mettait en doute, au nom de la realpolitik, la mise en œuvre par la Belgique du mandat d'arrêt délivré contre le Premier ministre israélien Netanyahu par la Cour Pénale Internationale (CPI). Une telle affirmation s'écarte du discours tenu jusqu'à présent par la Belgique - notamment par l’ancien Premier ministre Alexander De Croo mais aussi par le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot - selon lequel la Belgique soutenait la CPI et se conformerait à ses décisions.

Les propos de Bart De Wever n'ont pas été concertés avec les autres membres du gouvernement, a encore souligné le cabinet de Maxime Prévot.

Interrogé sur le refus de Budapest d'arrêter le leader israélien, De Wever a dit comprendre cette décision. "Et je pense que nous ne le ferions pas non plus pour être très honnête", avait-il même confié. "Je pense qu'aucun Etat européen n'arrêterait Netanyahou s'il devait être sur son territoire", a-t-il ajouté, tout en dénonçant le choix de la Hongrie de se retirer de la CPI.

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Ces propos ont suscité de vives critiques des écologistes flamands dans un premier temps, puis d’autres partis de l’opposition. Ils réclament des explications du gouvernement fédéral. Diverses organisations ont également jugé les propos du Premier ministre inacceptables. Elles "déforcent le droit international et contredisent l'accord de gouvernement", a estimé le CNCD-11.11.11, la coupole de plus de 70 ONG. L'organisation Amnesty International appelle, elle, le gouvernement à réaffirmer son engagement dans la lutte contre l'impunité.

La question d’une arrestation éventuelle de Netanyahu sur le sol belge demeure par ailleurs particulièrement hypothétique, aucun déplacement du Premier ministre israélien n'étant attendu pour le moment, même dans le cadre de l'OTAN ou de l'Union européenne. Les autorités de Tel Aviv savent en outre qu'en raison du mandat d'arrêt de la CPI, un tel voyage ne serait pas opportun.

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