Les droits de douane supplémentaires à l’importation annoncés par le président américain Donald Trump provoquent une grande incertitude dans le secteur anversois du diamant. De nombreux diamantaires se posent des questions sur leur exportation vers les Etats-Unis. "Nous craignons de devoir payer les droits de douane plus élevés des pays dont proviennent les diamants bruts", explique Ine Tassignon de l’Antwerp World Diamond Centre.
Les diamantaires anversois, inquiets, ne veulent pas de tarifs douaniers européens contre Trump
"Ces dernières heures, notre téléphone ne cesse de sonner et notre boite de courrier électronique déborde. Les diamantaires belges qui font du commerce avec les Etats-Unis se posent beaucoup de questions sur les tarifs douaniers", précise Ine Tassignon. L’Antwerp World Diamond Centre craint que les USA n’imposent des droits de douane plus élevés sur les diamants venant d’Anvers que les 20% annoncés pour l’Europe.
"Le diamant est réellement un produit mondial. Une pierre brute du Botswana peut être taillée en Inde et vendue à un client de New York via Anvers. Mais pour chacun de ces pays, les Etats-Unis ont annoncé un droit de douane différent : 37% pour le Botswana, 26% pour l’Inde", indique Ine Tassignon.
L’Antwerp World Diamond Centre suspecte que les USA appliqueront toujours les tarifs de douane à l’importation les plus élevés. "La semaine dernière, un diamantaire belge a dû payer des droits de douane à l’importation de 25% parce que sa pierre précieuse brute venait du Canada", révèle Ine Tassignon. Le Centre y voit un précédent et veut rapidement obtenir des précisions.
Appel à l’UE : pas de tarifs réciproque sur les diamants
Les Etats-Unis sont les plus gros acheteurs de diamants taillés. En plus de cela, le plus important laboratoire de reconnaissance, pour la certification des diamants, se trouve à New York.
"Ce qui signifie que de nombreux diamants bruts sont envoyés d’Anvers vers les Etats-Unis, avant d’être réexpédiés vers Anvers. Il y a énormément de circulation allant dans les deux sens", souligne Ine Tassignon.
C’est la raison pour laquelle le secteur anversois du diamant appelle la Commission européenne à ne pas imposer de tarifs douaniers réciproques sur le commerce des diamants depuis les USA vers l’Europe. "Cela créerait des barrières supplémentaires qui ne nous feront que du mal".
