Le vice-Premier ministre en charge des Pensions Jan Jambon (N-VA) a dénoncé dimanche les pressions américaines sur les entreprises européennes - dont des belges - pour qu'elles abandonnent leurs programmes de lutte contre les discriminations. Les ministres des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) et à l'Egalité des Chances, Rob Beenders (Vooruit), ont aussi fait écho à ses propos. Ce lundi, le gouvernement flamand a également rejeté l'ingérence américaine dans la politique d'entreprise européenne.
Le gouvernement belge rejette les pressions américaines sur les entreprises concernant la lutte contre les discriminations
"En Europe, on a une culture de non-discrimination et on doit continuer cela", a commenté M. Jambon sur le plateau de RTL-TVi dimanche soir. "Ce n'est pas le patron de l'Amérique qui doit nous donner des leçons".
Plusieurs sociétés européennes ont reçu une lettre et un questionnaire de l'administration américaine leur demandant si elles mettaient en place des programmes internes de lutte contre les discriminations. La missive les prévient que, le cas échéant, cela pourrait les empêcher de travailler avec l'Etat américain.
Les destinataires du courrier ont été informés du fait que "le décret 14173", pris par Donald Trump dès le premier jour de son retour à la Maison Blanche pour mettre fin aux programmes promouvant l'égalité des chances au sein de l'Etat fédéral, "s'applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain", comme le montre le document révélé par Le Figaro ce week-end.
La Belgique regrette le "pas en arrière des Etats-Unis"
Le ministre des Affaires étrangères belge, a aussi regretté le "pas en arrière" des Etats-Unis, promettant que la Belgique n'allait pas agir de la sorte : "La diversité et l'inclusion ne sont pas des mots à la mode, mais les fondements d'une société forte et dynamique. Elles renforcent notre économie, favorisent l'innovation et permettent aux talents de s'épanouir", a-t-il pointé dans une réaction jointe avec Rob Beenders, chargé de l'Égalité des chances, dimanche soir.
La Belgique va continuer à défendre "fermement" ses valeurs, a fait valoir le chef de la diplomatie. "La libre entreprise, c'est aussi la liberté d'attirer, de soutenir et de faire grandir les meilleurs éléments. Nous ne renoncerons pas à ce principe", a encore promis le Namurois.
Rob Beenders, a aussi rappelé que la diversité, l'égalité et l'inclusion sont des droits fondamentaux, "mais aussi des éléments cruciaux pour le bon fonctionnement des organisations modernes".
"Les entreprises qui embrassent la diversité bénéficient de plus de créativité, d'innovation et d'une meilleure connexion avec leurs clients", a-t-il insisté par voie de communiqué.
La Flandre rejette elle aussi l'ingérence américaine
"Nous n'avons pas besoin d'ingérence extérieure", a déclaré ce lundi le ministre-président et ministre de l'Economie flamand Matthias Diependaele (photo), à la suite du courrier de l'administration américaine à des entreprises belges visant à affaiblir leurs politiques de diversité et d'inclusion. "En Flandre, nous rassemblons le talent, l'innovation et les perspectives. Nos entreprises ont besoin de tout le monde". "Le gouvernement flamand opte donc pleinement, de manière autonome, pour une politique qui renforce nos entrepreneurs, avec tout le monde à bord."
"C'est effrayant", a confirmé la ministre de la Cohésion, Hilde Crevits (CD&V). "Je n'accepterai jamais qu'un autre pays nous dise comment gérer la diversité, l'égalité et l'inclusion. Nos entreprises peuvent compter sur notre soutien dans leur résistance."
La question sera abordée mardi matin lors d'une rencontre prévue de longue date avec l'ambassadeur américain et l'Agence flamande aux exportations (FIT).
