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Les protestations concernent notamment le retardement de l'âge légal de la pension

Grève générale contre les mesures du gouvernement fédéral : la Belgique tourne au ralenti ce lundi

Une grève nationale interprofessionnelle, à l'appel des syndicats socialiste FGTB et chrétien CSC, paralysera une grande partie du pays ce lundi. Cette mobilisation vise à protester contre les mesures de la coalition fédérale Arizona, dont l'accord gouvernemental a été qualifié de "déclaration de guerre contre le monde du travail" par les syndicats, notamment dans le domaine de mesures sociales et des pensions. Des administrations publiques aux transports en commun, en passant par les écoles, les commerces et les aéroports, le pays tournera au ralenti.

Anne François Belga
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Les syndicats dénoncent plusieurs aspects de l'accord du gouvernement De Wever, notamment les mesures relatives aux pensions et au pouvoir d'achat. "Il y a un manque de respect de manière globale. Il faut envoyer un signal clair", résume la CSC. La FGTB dénonce, quant à elle, des "mesures de régression sociale". Pour le syndicat socialiste, cette grève constitue le début d'un "marathon de résistance". L'organisation déplore notamment "des attaques incessantes" de la part du gouvernement, pointant particulièrement les coupes dans les pensions qui contraindront à "travailler plus longtemps pour moins de pension".

Le syndicat fustige également la flexibilité accrue imposée aux travailleurs, tandis que "les employeurs sont dans un fauteuil". La FGTB regrette aussi l'impact de cette politique d'austérité sur les femmes et l'"effritement" généralisé du pouvoir d'achat, en contradiction avec les promesses gouvernementales. La CGSLB libérale a, pour sa part, annoncé qu'elle ne participerait pas à ce débrayage, préférant laisser une chance à la concertation sociale.

Mobilité nettement réduite

De nombreux secteurs seront touchés par ce mouvement de grogne. A Brussels Airport, aucun vol passager ne décollera de Zaventem ce lundi et 60% des vols à l'arrivée sont annulés. A l'aéroport de Charleroi, l'ensemble des vols (départs comme arrivées) sont également annulés.

L'aéroport de Liège est opérationnel, mais sans opérations de chargement ou de déchargement des avions. Autrement dit, il n'y a quasiment aucune activité, indiquait le porte-parole, Christian Delcourt. En Flandre, les aéroports d'Ostende et de Deurne ne sont pas affectés par la grève, a indiqué l'exploitant des aéroports régionaux.

Les transports en commun seront fortement perturbés à travers toute la Belgique. Du côté du rail, la SNCB met en place un service alternatif, dont les détails sont communiqués via le planificateur de voyages le site web et l'application de la SNCB. Un train IC (entre les villes) sur deux seulement est en circulation. En ce qui concerne les trains locaux, un train L/S sur trois circule. Les trains aux heures de pointe (P) seront quasi inexistants.

L'aéroport de Zaventem est vide ce lundi

À Bruxelles, la STIB s'attend à de "fortes perturbations" sur l'ensemble de son réseau de trams, bus et métros, et communique en temps réel via son application, ses réseaux sociaux et les écrans en station. Un seul métro (la ligne 1), quatre trams (les lignes 4, 7, 10, 51) et cinq bus (les lignes 46, 59, 71, 73 prolongée vers Erasme et 87 prolongée vers Etangs Noirs) circulent.

En Wallonie, le TEC tourne également au ralenti et informe les voyageurs des lignes annulées via ses canaux habituels. Le réseau est complètement paralysé à Charleroi, tandis que moins de la moitié des lignes sont desservies dans la région de Liège-Verviers.

Les syndicats de la société flamande de transports en commun De Lijn se croisent également les bras. Un service alternatif a été déployé. Le mouvement de protestation est le plus suivi en province d'Anvers et dans le Limbourg, où seulement 40% des trams et bus ont pris le départ ce lundi matin, selon De Lijn. La moitié des véhicules ont quitté le dépôt dans le Brabant flamand et en Flandre occidentale. En Flandre orientale, deux tiers des transports en commun circulent normalement.

Dans les grandes villes, Anvers ne voit passer qu'un quart des bus et trams habituellement sur les routes, Gand en voit 45%. À la Côte, le tram assure à peine 30% des trajets.

Une quarantaine de navires en attente au ports

Une quarantaine de navires attendaient vers 10h15 pour entrer ou quitter un port, indiquait l'Agence des services maritimes et côtiers (Agentschap Maritieme Dienstverlening en Kust, MDK). En fin de matinée, 25 navires ayant pour destination finale Anvers ou Gand attendaient en mer du Nord. À Anvers, huit navires attendaient ainsi de pouvoir quitter le port; ils étaient six à Gand et aucun dans ce cas à Zeebrugge.

La journée de grève nationale n'a pas que des répercussions sur la terre ferme. En mer du nord, 11 navires ne peuvent ni entrer ni sortir du port de Gand, a indiqué Johan Bresseleers, porte-parole de North Sea Port. Il s'agit de quatre navires en amont du port et de sept en aval. "Il y a un impact sur le transport maritime vers et depuis les ports flamands", explique l'Agence de services maritimes et côtiers. "Cela est dû en partie aux décisions prises par d'autres partenaires, comme celle des éclusiers de bloquer les écluses." 

Le nombre de navires bloqués en mer devrait continuer à augmenter au fil de la journée de grève. Le trafic maritime assuré par les pilotes flamands entre la mer du Nord et Gand est en effet interrompu depuis dimanche 19h. Cette action s'inscrit dans le cadre de la grève générale qui a débuté dimanche à 22h.

Le pont Katelijnepoort à Bruges

De nombreux autres secteurs impactés

Le secteur de la grande distribution est aussi impacté. "Un grand nombre" d'enseignes resteront portes closes ce lundi, notamment des magasins Carrefour, Aldi, Lidl et Cora, a indiqué Myriam Djegham, secrétaire nationale de la CNE. La CSC Alimentation et Services a par ailleurs déposé des préavis d'actions illimités à partir de ce lundi pour plus de 20 secteurs, dont le nettoyage, les titres-services et le commerce alimentaire.

Certaines entreprises, comme le sidérurgiste Aperam à Genk, ArcelorMittal à Gand ou le centre de distribution de Nike à Laakdal, ferment complètement leurs portes. Chez Volvo Cars à Gand, la production est paralysée par la grève. 

Le secteur de la grande distribution impacté (rue Neuve, à Bruxelles)

Le secteur culturel flamand se met également en grève. De nombreux artistes, interprètes et acteurs se rassembleront de 10h à 13h sur la place de la Monnaie (photo) à Bruxelles et de 11h à 14h sur l'Operaplein à Anvers, où ils proposeront des prestations musicales, poétiques et théâtrales.

Action sur la place de la Monnaie à Bruxelles

La police rejoindra aussi le mouvement, la CGSP ayant déposé un préavis pour l'ensemble du personnel de la police intégrée.

Le front commun syndical de l'enseignement a également appelé ses affiliés à débrayer. Environ 20% des enseignants devraient faire grève. Dans diverses universités, des étudiants se montrent solidaires avec l’action de protestation, estimant que les mesures prévues par le gouvernement auront un impact sur leur vie future.

Des préavis de grève ont également été déposés pour les prisons et bpost. En Wallonie, environ la moitié du courrier et des colis est distribué. Ce taux remonte à 65% en Région bruxelloise, et même à 85% sur l'ensemble de la Flandre.

A la radio-télévision publique flamande VRT, des annonces des syndicats seront diffusées en radio et télévision, mais les programmes ne seront pas interrompus.

Enfin, la grève impactera les administrations communales, provinciales, régionales et fédérales. Le 13 février dernier, entre 60.000 (selon la police) et 100.000 personnes (selon les syndicats) avaient battu le pavé à Bruxelles pour dénoncer les mesures annoncées par le gouvernement fédéral. Un mois plus tôt, le 13 janvier, 30.000 personnes avaient également manifesté dans les rues de la capitale contre la réforme des pensions voulue par la coalition Arizona.

Des étudiants soutiennent l'action de protestation

Pas d'embarras notables sur les routes

Une fois n'est pas coutume, le calme régnait sur les routes du pays ce lundi matin, ont indiqué le Centre Perex et le Centre flamand de la mobilité (Vlaams Verkeercentrum). Mis à part trois barrages mentionnés par la police du côté de Mons, La Louvière et Charleroi, "la situation est calme" en Wallonie, a résumé le Centre Perex. Les piquets concernent la sortie "Frameries" du R5 en direction de la France sur la N543, le rond-point St-Feuillien au Roeulx et les giratoires du "Picteur" et de Soudromont à Chapelle-lez-Herlaimont.

En Flandre, les files s'étiraient sur un peu plus de 50 km peu avant 8h, bien moins que la grosse centaine de kilomètres de bouchons d'un lundi habituel à l'heure de pointe matinale. "Il y a nettement moins de trafic donc d'embouteillages, et à peine quelques incidents", a pointé le porte-parole du Centre flamand de la mobilité, Peter Bruyninckx. "Ce calme est dû à la grève." De nombreuses personnes auront opté pour le télétravail.

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