Le port d'Ostende (Flandre occidentale) a réalisé l’an dernier son plus important bénéfice financier depuis la création de l’entreprise portuaire en 1997, d’après les chiffres annuels publiés ce mercredi. Le port d'Ostende enregistre ainsi six années consécutives de bénéfices à la hausse. Ces 6 dernières années, 450 emplois y ont également été créés.
Le port d'Ostende a enregistré un bénéfice record de 2,6 millions d'euros en 2024, mais doit faire face à d'importants défis
Avec un bénéfice brut de 2,6 millions d'euros, le port d'Ostende peut se targuer d'une année record. "L'augmentation du bénéfice structurel est le résultat de la stratégie poursuivie et de la diversification dans des marchés de niche au sein de l'économie bleue", se félicite le port de mer. "Le résultat des six dernières années dépasse de loin le résultat des 20 années précédentes réunies".
"Les bons résultats financiers permettent de maintenir un rythme d'investissement élevé sans précédent", a précisé Charlotte Verkeyn, présidente du port d'Ostende. "La politique d'investissement renforce les perspectives d'avenir et la spirale positive dans laquelle se trouve le port. Elle profite clairement à l'emploi dans et autour du port."
Le directeur général Dirk Declerck est également satisfait des résultats. "Le port d'Ostende a plus que prouvé sa place dans le paysage portuaire du nord du pays. Avec 8.311 mouvements maritimes, une valeur ajoutée de 1,232 milliard d'euros et près de 10.000 emplois directs et indirects, il est une place forte dans la région".
Les filiales du port MultiTech, REBO et OSSCO ont également réalisé des chiffres positifs.
2013 avait été catastrophique
Le port ostendais est le plus petit des ports de Belgique. Il y a 7 ans, il était considéré comme moribond. Après une année catastrophique en 2013, il n’y restait pratiquement aucune activité. Avec la faillite des Transeuropa Ferries (TEF) à l’époque, les traversées en bateau entre Ostende et le Royaume Uni avaient cessé. Et le port perdait l’un de ses clients majeurs.
Les chiffres pour 2013 étaient descendus dans le rouge, avec une perte de plus des 3 millions d’euros. Les années qui suivirent, peu fut entrepris pour compenser le départ des armateurs en attirant de nouvelles entreprises et en créant de l’emploi. Le port ostendais se profilait alors pratiquement exclusivement comme l’endroit où construire et acheminer des éoliennes, et l’endroit d’où était organisé l’entretien des parcs éoliens.
Un nouveau cap dès 2018
Mais en 2018, Dirk Declerck était engagé comme nouveau CEO du port d’Ostende. Il y apporta une stratégie nouvelle et plus large. "Dès le premier jour, mon ambition a été de réaliser une croissance économique qui puisse créer de l’emploi durable dans le secteur maritime". Cette nouvelle stratégie dépassait le seul secteur des éoliennes. "Avec un millier d’emplois dans le secteur, l’énergie éolienne offshore reste importante, mais nous nous concentrons depuis 6 ans sur l’ensemble de l’économie bleue", précise Dirk Declerck. "Cela englobe toutes les activités économiques liées à l’eau, y compris l’aquaculture et l’industrie circulaire".
Au cours des 6 dernières années, le port d’Ostende a pu attirer 15 nouvelles entreprises, avec l’ambition de créer de nouveaux emplois. Et cela a très bien réussi. "En 6 ans, nous avons déjà créé 450 emplois et il devrait y en avoir 400 de plus ces prochaines années". Le port emploie actuellement 9.650 personnes, dont 5.278 de façon directe et 4.372 indirectement.
“Je voudrais volontiers pouvoir annoncer des chiffres encore meilleurs l’an prochain", indique Charlotte Verkeyn. "Mais nous sommes aussi réalistes: il y a deux menaces qui nous occasionnent beaucoup de stress". La présidente fait allusion aux projets de la France de construire un parc éolien sur la route de navigation depuis et vers le port ostendais. "C’est comme si un pays voisin venait placer des conteneurs au milieu de l’autoroute à la frontière, afin que plus personne ne puisse se rendre d’un bout à l’autre du pays".
Plus de 70 millions nécessaires pour l’extension du port
Le deuxième défi est l’extension envisagée par le port d’Ostende. "Nous demandons au gouvernement flamand de faire un investissement de plus de 70 millions d’euros pour construire un nouveau mur de quai et un terminal de 7 hectares, afin que les grands navires qui seront utilisés pour la construction de nouvelles éoliennes en mer dès 2028 puissent continuer à amarrer à Ostende", explique Dirk Declerck.
"Si nous ne réalisons pas cet investissement, nous mettrons à terme tout un secteur en péril, qui procure 1.000 emplois. Ils iront vers d’autres pays, comme les Pays-Bas et la France", conclut l’échevine Charlotte Verkeyn. Au cabinet de la ministre flamande de la Mobilité et des Ports, Annick De Ridder, VRT NWS apprenait que le gouvernement flamand n’a pas encore décidé s’il inclura l’extension du port ostendais dans son programme d’investissement. Plus de détails devraient être connus en mai prochain.
