Anneleen Van Bossuyt, ministre chargée de l'Asile et de la Migration, annonce mettre fin au programme de "réinstallation", qui permet de sélectionner des demandeurs d'asile dans leur pays d'origine et de les accueillir en Belgique. "C'est la seule manière légale et contrôlée de faire venir des réfugiés en Belgique", pointe la professeure de Droit spécialisée dans la migration à l'Université de Gand, Ellen Desmet (UGent), citée dans le quotidien De Standaard mercredi. "Nous sommes actuellement confrontés à une migration illégale énorme et une crise d’accueil. Ce n’est que quand elle aura été éliminée que la réinstallation de demandeurs d’asile redeviendra une option", explique la ministre fédérale.
La ministre fédérale chargée de l'Asile suspend le programme de "réinstallation"
Depuis le début de ce programme de réinstallation en 2013, la Belgique a accueilli 5.275 réfugiés. La réinstallation est organisée en coopération entre l'Union européenne (UE) et les Nations Unies, sur base volontaire des pays participants. Les coûts sont endossés par le fonds européen pour l'Asile, la Migration et l'Intégration (AMIF).
Les candidats sont soumis à des contrôles préalables dans leur pays d'origine, d'abord par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'Onu, et puis dans le pays d'accueil. Comme la procédure d'asile est menée localement dans le pays d'origine, la demande en Belgique est une formalité. Ce programme s'adresse en principe aux demandeurs d'asile les plus vulnérables.
"Le délai de traitement moyen est de quelques semaines. Pour une personne passant par la procédure d'asile dite 'normale', la durée moyenne l'an dernier était de 318 jours", précise Olivier Brasseur, porte-parole du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA).
A l'attention des plus vulnérables
Les réfugiés qui arrivent en Belgique par le biais de la réinstallation ne restent donc pas longtemps non plus dans un centre d'accueil. L'impact du programme sur le réseau d'accueil en Belgique est très limité, confirme Benoit Mansy, porte-parole de Fedasil. Actuellement, seules 257 personnes sur les 34.000 demandeurs d’asile arrivés via réinstallation en Belgique bénéficient d’une place d’accueil. Soit moins d’un pourcent.
Il est donc surprenant que la ministre fédérale supprime justement ce programme à l'attention des plus vulnérables, qui était encore soutenu par ses prédécesseurs - les ministres Theo Francken et Nicole De Moor - comme le seul moyen d'avoir une migration légale contrôlée.
“Nos centres d’accueil sont tellement bondés que chaque candidat à l’asile en moins fait la différence", explique Anneleen Van Bossuyt. "Tous les jours il faut trouver des solutions d’urgence. L’an dernier, nous avons reçu 40.000 demandes d’asile, dont 15.000 demandeurs avaient déjà introduit une demande ou même reçu protection ailleurs". Van Bossuyt déclarait à VRT NWS que la réinstallation de demandeurs d'asile pourra éventuellement être à nouveau envisagée une fois que le gouvernement fédéral aura repris le contrôle de l'immigration illégale.
