La ville d'Audenarde (Flandre orientale) a décidé mercredi de se séparer sans attendre du directeur de deux maisons de repos et de soins, dont la MRS "Meerspoort" où a commencé l'affaire de vidéos de maltraitance qui agite actuellement la Flandre.
Audenarde licencie le directeur de la maison de repos où l'affaire de maltraitance de résidents a commencé
C'est dans cette maison de repos qu'un vol de bijoux avait été signalé à la police. Dans le cadre de l'enquête qui a suivi, on a découvert que le jeune suspect échangeait avec d'autres personnes travaillant en maison de repos des vidéos montrant des résidents maltraités et humiliés.
Il y a "rupture de confiance", justifie mercredi une échevine.
Une enquête est en cours, et quatre jeunes gens ont déjà été interpellés. Les enquêteurs tentent d'identifier toutes les victimes visibles sur les vidéos, et il est entre-temps apparu que trois maisons de repos au moins sont concernées.
97 rapports de comportements inappropriés en 2024
Le Département flamand des soins a reçu 97 signalements pour des comportements problématiques dans les maisons de repos en 2024. Cinq nouveaux cas ont été signalés cette année. Même si de tels incidents doivent être obligatoirement signalés, le département est conscient que ces chiffres restent sous-estimés.
"Les comportements inappropriés sont un concept large, qui englobe très souvent des faits survenant entre résidents", explique Joris Moonens, porte-parole du département. "Il peut s'agir d'agressions verbales, physiques ou sexuelles. Les maisons de repos sont souvent confrontées à des résidents confus ou souffrants de démence."
"Même si tous les faits ne nous sont pas signalés, on ne parle pas d'un problème généralisé", estime le département. La Flandre compte 800 maisons de repos dans lesquelles résident près de 80.000 personnes.
Quatre jeunes ont été interpellés et incarcérés la semaine dernière pour des soupçons de vol, de traitements dégradants et de voyeurisme à l'encontre des résidents dans l'établissement Meerspoort à Audenarde. Des images de maltraitance ont été retrouvées sur le téléphone de l'un des suspects. Le parquet de Flandre occidentale a ouvert une enquête et saisi le juge d'instruction.
L'inspection effectuée par le Département des soins à Meerspoort a révélé que l'établissement ne dispose pas de procédures internes ni de politique visant à prévenir, identifier, signaler et gérer les comportements dégradants. La maison de repos devra élaborer une procédure d'ici le 4 avril.
D'autres faits similaires ont été révélés dans des établissements de Courtrai (Flandre occidentale) et de Gavere (province de Flandre orientale).
La ministre flamande du Bien-Être, Caroline Gennez (Vooruit), a déclaré mardi devant le Parlement flamand qu'elle souhaitait renforcer ces procédures. Elle a également demandé à ce qu'une étude soit menée pour déterminer si les maisons de repos ne signalant pas des incidents graves pouvaient être sanctionnées financièrement.

