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La ministre Zuhal Demir veut placer 4.000 détenus supplémentaires sous bracelet électronique

La ministre flamande de la Justice, Zuhal Demir (N-VA), veut placer 4.000 détenus supplémentaires sous bracelet électronique d'ici fin 2027. Un premier pas dans la bonne direction, a réagi le cabinet de son homologue au fédéral, Annelies Verlinden (CD&V).

Eric Steffens Belga
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En raison de la surpopulation carcérale, 3.400 criminels condamnés sont actuellement dans la nature, en attendant une place en cellule. Cette situation est en grande partie due à la décision du gouvernement précédent d'imposer l'exécution des peines d'emprisonnement inférieures à 3 ans. La ministre fédérale de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a déjà proposé de remplacer plus souvent ces courtes peines d'emprisonnement par de la surveillance électronique ou du travail d'intérêt général, mais cela relève de la compétence des entités fédérées.

Dans ce cadre, Zuhal Demir se dit prête à mettre en place 4.000 bracelets électroniques supplémentaires d'ici la fin 2027. "Pour être claire, je ne suis pas favorable à cette mesure. Je préférerais que les criminels aillent en prison si un juge le décide. Mais si l'alternative est qu'ils restent chez eux et que nous ne sachions même pas où ils traînent, alors la surveillance électronique est une meilleure option", a-t-elle expliqué.

La ministre flamande y pose toutefois une série de conditions: ainsi, cette mesure doit avant tout être temporaire, le temps que le fédéral augmente la capacité des prisons belges et renvoie les criminels étrangers dans leur pays d'origine.

La Flandre n'accordera pas non plus de bracelet à n'importe qui. Toute personne qui enfreint de manière flagrante les conditions du bracelet, par exemple en le coupant, ne bénéficiera pas d'une seconde chance. Et dans les cas de violence intrafamiliale, l'auteur ne pourra pas être autorisé à fréquenter ses victimes, même avec un bracelet électronique. Pour Zuhal Demir, ces points doivent être repris dans une "loi d'urgence" qui sera votée au niveau fédéral.

"Un premier pas dans la bonne direction mais chaque mesure prise coûte de l'argent"

Cette dernière exige enfin que le niveau fédéral garantisse le préfinancement de l'exécution des peines avec bracelet électronique, ce qu'il est déjà légalement tenu de faire. "Mais ces dernières années, cela laisse à désirer", selon Mme Demir.

"Un premier pas dans la bonne direction", a de son côté réagi le cabinet de la ministre fédérale de la Justice, Annelies Verlinden. Lors de sa prise de fonction, cette dernière a réuni tous les acteurs du secteur à son cabinet: cours et tribunaux, parquets, système pénitentiaire et entités fédérées. Une note de travail y a été proposée, sur avis du SPF Justice et du cabinet lui-même. Cette note présentait des mesures pour lutter contre la surpopulation carcérale, dont la surveillance électronique et les peines de travail d'intérêt général.

Interrogé sur la faisabilité des conditions posées par Zuhal Demir, le cabinet Verlinden a assuré que de nouvelles consultations étaient prévues dans un avenir proche et que ces conditions seraient discutées à cette occasion.

"Mais chaque mesure prise coûte de l'argent", a-t-il souligné en rappelant par ailleurs que la ministre a récemment proposé d'investir davantage dans la sécurité intérieure. Un budget d'un milliard d'euros supplémentaires sur la législature a été évoqué pour son département.

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