Des chercheurs de l'Université de Gand (UGent) s'affairent à développer des méthodes intelligentes pour détecter les contrefaçons d'œuvres d'art. C’est ce que rapporte le magazine scientifique EOS. Le projet Artdetect combine des techniques telles que la réflectographie infrarouge, l'imagerie hyperspectrale et l'intelligence artificielle pour analyser les œuvres d'art suspectes. Les experts, les forces de police, les maisons de vente et les musées sont en effet confrontés à un nombre croissant de contrefaçons d'œuvres. Selon les experts, environ 30% des œuvres d'art disponibles sont des contrefaçons. Chaque musée en possèderait, sans en être conscient.
L'Université de Gand développe de nouvelles méthodes pour repérer les œuvres falsifiées : "Chaque musée en possède"
La professeure Anna Tummers dirige le projet Artdetect, qui utilise des équipements de haute technologie tels que des caméras hyperspectrales et des scanners à fluorescence X pour examiner 20 faux connus et 40 œuvres de référence afin d'établir une liste restreinte de caractéristiques à risque et d'outils numériques pour les experts.
Les faussaires améliorent sans cesse leur technique, ce qui entraîne un constant jeu du chat et de la souris avec les experts, estime le détective Arthur Brand, spécialisé dans l'art. "Je pars du principe que 30% des œuvres disponibles à l'achat sont fausses, que ce soit dans une maison de vente ou chez un marchand. Beaucoup de gens trouvent c’est un pourcentage élevé mais je n'exagère pas. Certains experts sont d'avis que les chiffres réels sont plus élevés encore. Chaque musée possède ainsi des faux à son insu".
La professeure Tummers pense que la criminalité liée à l'art, la falsification, les fouilles illégales et les vols à l'échelle mondiale peuvent être liés à tous les types de criminalité. "Parce qu'il s'agit d'un marché non réglementé, c'est aussi un modèle de revenus pour les organisations criminelles. Nous espérons pouvoir apporter une contribution à la société par le biais d'Artdetect", conclut Anna Tummers.
