Groen, Vooruit, CD&V, MR, PS et Les Engagés - les six partis qui se sont réunis ce mercredi en l'absence des libéraux de l'Open VLD, dans le contexte de la crise politique à Bruxelles - ont décidé collégialement en début d'après-midi de se revoir lundi prochain. Ils entameront des discussions de fond en tout cas sur la situation budgétaire de la Région capitale dont l'urgence se précise, ont indiqué les principaux chefs de file de ces formations, en quittant le Parlement bruxellois en début d'après-midi. Neuf mois après les élections régionales du 9 juin 2024, Bruxelles n’a toujours pas de nouveau gouvernement.
Pas d'avancée pour la formation bruxelloise, 6 partis se revoient lundi pour discuter du défi budgétaire
La concertation entre les six partis ce mercredi n’a pas apporté d’avancée majeure en vue de la formation d’un nouveau gouvernement bruxellois. Les partis ont décidé de se réunir à nouveau lundi. Au stade actuel, l'organisation de la prochaine réunion sera collégiale, à défaut d'un accord sur les modalités de gestion d'une phase intermédiaire destinée à tenter de remettre le formateur MR David Leisterh en selle rapidement. Des échanges en coulisses auront lieu d'ici cette nouvelle réunion.
Ce mercredi, l'Open VLD avait décidé de ne pas venir à la réunion des 7 partis pressentis comme à même de constituer la seule formule potentiellement garante de stabilité pour la législature en Région bruxelloise, d’après les informateurs Elke Van den Brandt (Groen) et Christophe De Beukelaer (Les Engagés). Les libéraux flamands ne veulent jusqu'à présent pas entendre parler d'une majorité à Bruxelles sans la N-VA.
Sur le réseau social X, le négociateur libéral flamand Frédéric De Gucht déclarait : "Si nous n’intervenons pas maintenant pour stabiliser la situation financière de la Région bruxelloise, pour construire une politique de sécurité ferme, pour rendre Bruxelles plus propre et rehausser sérieusement notre niveau d’activité, nous allons droit à la catastrophe. Ceci nécessite un soutien des autorités fédérales, flamandes et wallonnes. Ceux qui ne veulent pas le voir ne prennent pas Bruxelles au sérieux".
Tant du côté des libéraux francophones du MR, que de Groen, du PS et des Engagés, on insistait ce mercredi sur le fait que la porte restait ouverte au parti libéral flamand.
Groen veut continuer sans la N-VA
"Le choix que nous avons maintenant est de ne pas former de gouvernement ou alors d’en former un sans la N-VA", résumait Elke Van den Brandt (Groen). "Je trouve les vétos très pénibles, mais Bruxelles est confrontée à un énorme déficit budgétaire. J’opte donc pour la formation d’un gouvernement compétent qui puisse mener à bien les réformes nécessaires".
Ahmed Laaouej (PS) qualifiait, pour sa part, la décision d’Open VLD d’irrationnelle. "Tirer sur les informateurs après le travail acharné qu’ils ont effectué, c’est tirer sur le pianiste", déclarait Laaouej.
Et maintenant ? “Il y a plusieurs scénarios possibles", indiquait le président du MR, Georges-Louis Bouchez, après la concertation de ce mercredi. "Nous allons en parler ces prochains jours en bilatérales. Il y aura une concertation entre libéraux et socialistes”.
D’après Bouchez, la Région bruxelloise doit absolument avoir un nouveau gouvernement au plus tard en juin. C’est le moment où aura lieu une nouvelle analyse des finances bruxelloises par l’agence de notation Standards & Poor's. "S’il n’y a toujours pas de solution pour Bruxelles à ce moment-là, il ne restera rien d’autre à faire que de placer la Région sous tutelle. Le niveau fédéral devra alors intervenir. Ce ne serait pas du tout une bonne chose pour Bruxelles", concluait Georges-Louis Bouchez.

