Plusieurs brasseries flamandes anticipent les droits d'importation de 200 % sur les produits alcoolisés menacés par le président américain Trump, et envoient donc des stocks aux États-Unis pour se préparer à cette éventualité. Ainsi, la brasserie Huyghe à Melle a décidé d'envoyer immédiatement 20 conteneurs de Delirium Tremens à sa succursale américaine. Elle met également en place un stock supplémentaire de la bière Gouden Carolus, récemment acquise à Malines, en prévision de la situation.
Les brasseurs flamands anticipent les droits d'importation imposés par Trump et s'empressent d'exporter leur bière vers les États-Unis
Les droits d'importation américains qui se profilent à l’horizon ne suscitent pas seulement des remous en politique belge. Le projet d’imposer une taxe de 200 % sur les produits alcoolisés européens fait également grincer les dents de nos brassereurs.
À la brasserie Huyghe à Melle (Flandre orientale), on craint que le prix de la Delirium Tremens ne triple. "Comme nous avons notre propre succursale en Amérique, nous y disposons de toute façon d'un stock standard pour 3 à 4 mois. Mais nous avons donc décidé d'y envoyer immédiatement une vingtaine de conteneurs que nous avions en stock en Belgique", explique Alain De Laet, CEO de la brasserie Huyghe. "Dès le début de la semaine prochaine, cette bière partira aux Etats-Unis".
"C'est peut-être un peu de la panique à court terme, mais ce Trump est imprévisible", ajoute Alain De Laet. "Grâce à ces stocks supplémentaires, nous pourrons tenir environ six mois. Si la taxe de 200 % est encore en vigueur après cela, je pense que notre bière ne sera plus vendable. Alors il faudra tirer un trait dessus."
"La Delirium est déjà l'une des bières les plus chères aux États-Unis. Si en plus nous devons tripler notre prix, alors à mon avis, elle ne sera plus vendable."
Tous les conteneurs disponibles de Carolus seront envoyés aux Etats-Unis le plus rapidement possible.
Alain De Laet, CEO de la brasserie Huyghe.
La brasserie Huyghe prend également des mesures à la brasserie Het Anker qu’elle a récemment acquise à Malines. Le groupe prévoyait déjà d'exporter davantage de Gouden Carolus vers les États-Unis et d'y constituer un stock plus important.
"Nous allons maintenant le faire plus rapidement que prévu", déclare Alain De Laet. "C'est pourquoi j'ai également donné des instructions à Malines pour que toute la bière soit envoyée immédiatement aux Etats-Unis, même s'il s'agit de conteneurs incomplets. Tous les conteneurs déjà disponibles partiront au début de semaine prochaine.
Pour les Américains qui aimeraient déguster sur un bon verre de whisky malinois, la brasserie a d'autres bonnes nouvelles. "Nous avons vu un potentiel dans le lancement du whisky Carolus sur le marché américain. Mais nous mettons ce projet en veilleuse pour l'instant", conclut Alain De Laet.
Qu'en est-il de Westmalle et de Duvel ?
Chez les trappistes de Westmalle (Anvers), on ne craint pas d'impact majeur pour l'instant."Nous n'exportons que 1 % de notre volume de bière vers les États-Unis et nous ne sommes donc pas très inquiets pour l'instant".
Chez Duvel Moortgat à Breendonk (Anvers), on ne veut pas réagir aux tarifs douaniers imminents pour le moment. Cette entreprise pourra peut-être résoudre les problèmes par l'intermédiaire de sa propre brasserie sur le sol américain.
