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VRT NWS "undercover": la Russie recrute des agents en ligne en Belgique pour effectuer du sabotage et de l'espionnage

Des groupes de discussion en ligne pro-russes recrutent aussi en Belgique des individus pour rassembler des informations, diffuser de fausses nouvelles ou réaliser des cyberattaques. Ces agents freelance recherchés via l’internet reçoivent en général de la cryptomonnaie comme récompense. C’est ce qu’a pu constater un journaliste de VRT NWS qui, en passant par le réseau social Telegram, s’est infiltré sous couvert d’une fausse identité dans un groupe de pirates pro-russes. L’enquête “undercover” de VRT NWS est publiée ce mercredi.

Anne François Belga
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Pendant des mois, un journaliste de VRT NWS s’est infiltré sous couvert d’une fausse identité dans un groupe de pirates informatiques pro-russes comprenant plus de 8.000 membres sur le réseau social Telegram. Par le passé, ce groupe a déjà paralysé des sites internet de communes belges et d’administrations publiques, notamment dans les semaines qui ont précédé les élections communales d’octobre dernier. Les pirates visaient, selon leurs propres dires, tous les alliés possibles de l’Ukraine.

Après quelques discussions qui ressemblaient à des interviews d’embauche, le journaliste de VRT NWS a reçu sa première mission du groupe de hackers pro-russes : "Place 10 autocollants dans le quartier européen de Bruxelles". Arrivés à une adresse postale convenue, ces autocollants arboraient le texte "Fuck NATO" (‘Fuck l’Otan’). Comme récompense pour sa mission, le journaliste a reçu 50 dollars de cryptomonnaies. Parmi les autres missions figurait aussi "Rassemble les adresses email de 30 journalistes belges".

Ces pratiques existent aussi à l’étranger, constate VRT NWS. La Sûreté de l’Etat belge met elle aussi en garde, dans son récent rapport annuel, sur l’utilisation de plus en plus fréquente d’agents "jetables". L’Otan et le service de renseignement de l’armée belge sont également au courant de ce phénomène. Le but de ces pratiques est de créer le chaos. C’est l’essence de la guerre hybride : tenter d’influencer l’opinion publique par le biais de campagnes, de sabotage et de cybercriminalité. Pour parvenir, à terme, à affaiblir le soutien à l’Ukraine, par exemple.

Le journaliste VRT a vu ce genre d'autocollants à plusieurs reprises dans le quartier des institutions europénnes à Bruxelles

L’enquête de VRT NWS a été menée en collaboration avec l’EBU Investigative Journalist Network, auquel participent les médias LRT (Lituanie), Yle (Finlande), ERR (Estonie), LTV (Lettonie), SVT (Suède), KRO-NCRV Pointer (Pays-Bas), CT (Tchéquie) et RTVE (Espagne).

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