Les entreprises belges du secteur de la défense et de la sécurité souhaitent que les banques leur facilitent l'accès aux prêts leur permettant d'investir. C'est ce qu'affirme la fédération technologique Agoria, qui représente de nombreuses entreprises de défense. Agoria rappelle également que notre pays applique des règles strictes en matière d'exportation de matériel militaire. Selon les calculs de la fédération technologique, l'industrie belge de la défense et de la sécurité pourrait au moins doubler de taille et créer 8.000 emplois au cours des huit prochaines années.
Les dirigeants de l'industrie de la défense belge souhaitent pouvoir emprunter et exporter plus facilement
"Lorsque je parle aux chefs d'entreprise de la défense, ils me disent qu'ils ont du mal à obtenir des prêts", déclare Pascal Acket, expert en défense chez Agoria. "Les banques sont encore réticentes à accorder des prêts à l'industrie de la défense".
"Pourtant, elles ont désespérément besoin de ces prêts pour réaliser les investissements importants dont elles ont besoin aujourd'hui pour se développer et faire face à la concurrence internationale", ajoute la fédération technologique.
Des règles d'exportation strictes
En outre, la fédération exprime des préoccupations quant à la manière dont les licences d'exportation de biens militaires sont réglementées en Belgique. "Il s'agit désormais d'une compétence régionale", explique Pascal Acket. Ainsi, la Flandre, Bruxelles et la Wallonie disposent chacune de leur propre service chargé d'octroyer les licences d'exportation pour les biens militaires.
"Nous constatons que les différentes régions abordent la question différemment, ce qui crée de l'incertitude pour nos entreprises. Selon Pascal Acket, nos différentes régions sont également "beaucoup plus strictes que les autres pays européens".
Enfin, Agoria parle de beaucoup de « paperasserie administrative pour nos PME". "Elles veulent pouvoir s'engager dans la recherche et le développement sans avoir à remplir de la paperasse.
Petites entreprises et spécialisées
Selon Pascal Acket, notre industrie de la défense compte principalement des "entreprises de niche spécialisées". Si l'on considère le nombre d'emplois, « 44 % de notre industrie de défense se trouve en Wallonie, avec des entreprises de défense plutôt traditionnelles, qui fabriquent des armes et des véhicules », explique le spécialiste de la défense.
"La Flandre, qui représente également 44 %, se consacre principalement à la recherche et au développement. Enfin, Bruxelles compte environ 12 % de nos entreprises de défense, qui se spécialisent dans l'aérospatiale, l'aviation et la cybersécurité.
La plupart des entreprises belges du secteur de la défense sont de petite taille : 73 % d'entre elles comptent moins de 50 employés. Elles fournissent divers secteurs".
Perspectives de création d'emplois
Si l'on considère uniquement les fournisseurs directs de biens et de services militaires aux forces armées, l'industrie belge de la défense comprend plus de 80 entreprises, représentant un chiffre d'affaires annuel de 2 milliards d'euros et 5 000 emplois directs.
Mais si l'on considère l'ensemble des entreprises et des organisations actives dans le domaine de la défense, le chiffre est de 892 entreprises, avec un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros, et 16 300 emplois directs liés à ces activités de défense.
Selon les calculs de la fédération technologique, qui s'est appuyée sur la tendance de croissance attendue au niveau mondial, l'industrie belge de la défense pourrait doubler de taille dans les huit prochaines années. Elle pourrait également créer jusqu'à plus de 4.000 emplois directs et 4.000 autres indirects. "L'ambition devrait être de croître encore plus vite que la moyenne internationale", ajoute même Pascal Acket,
