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D'ici 2050, plus de deux tiers de la population belge pourrait souffrir de surpoids ou d'obésité

A l’occasion de la Journée mondiale de l’Obésité, l'Association belge pour l'étude de l'obésité (Baso) lance ce mardi sa campagne "L'obésité n'est pas un choix, mais la façon dont nous la traitons l'est". Elle entend ainsi s'adresser au monde politique pour souligner l'urgence de traiter l'obésité, mais aussi sensibiliser le grand public et encourager les personnes concernées à demander de l'aide, tout en déstigmatisant cette maladie. Une étude publiée dans le magazine scientifique The Lancet révèle en effet qu’à politique inchangée environ 60% des adultes âgés de plus de 25 ans dans le monde souffriront de surpoids ou d’obésité en 2050. En Belgique, cet excès de graisse corporelle pourrait même affecter près de 70% de la population adulte dans 25 ans.

Anne François Belga
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La campagne de sensibilisation lancée ce mardi par l’Association belge pour l’étude de l’obésité (Baso) passera par la diffusion d'une vidéo renvoyant vers le site internet www.parlonsobesite.be . Ce dernier reprend toutes les caractéristiques, les causes et les conséquences de l'obésité, et propose des solutions pour obtenir de l'aide tout en déstigmatisant cette maladie complexe.

Selon les chiffres 2022-2023 de l'institut de santé publique Sciensano, environ 2 millions de Belges sont atteints d'obésité. Cette maladie chronique réduit l'espérance de vie, a un impact négatif sur la santé physique et mentale ainsi que sur la qualité de vie, rappelle Baso. En Belgique, les coûts directs et indirects de l'obésité s'élèvent à plus de 9 milliards d'euros par an, d'après les chiffres du Global Obesity Observatory.

"La compréhension approfondie de la biologie et des autres causes de l'obésité nous permet désormais d'intervenir de manière plus ciblée sur l'apparition et les conséquences de cette maladie chronique. Une approche proactive, scientifiquement fondée et multidisciplinaire est essentielle pour la prévention et le traitement", ajoute l’Association belge pour l’étude de l’obésité.

"Pas surpris"

L’étude qui vient d’être publiée dans le magazine scientifique The Lancet tente de prédire la situation dans 204 pays d’ici 2050, en comparant les chiffres de 1990 et 2021. Les chercheurs ont ainsi constaté que dans 25 ans le problème de surpoids sera gigantesque au niveau international puisqu’environ 60% des adultes de plus de 25 ans devraient alors souffrir de surpoids voire d’obésité. En Belgique, le problème devrait même concerner plus de deux tiers des adultes, si rien ne change dans la politique de santé. "En tant qu’experts de l’obésité, nous ne sommes pas surpris", réagit l’endocrinologue Bart Van der Schueren consulté par VRT NWS.

Selon les chercheurs, 67,5% des femmes et 70% des hommes en Belgique pourraient souffrir de surpoids ou d’obésité d’ici 2050. Cela ne représenterait pas l’augmentation la plus importante dans le monde, pour la simple raison que les chiffres en Belgique n’ont jamais été vraiment bons : en 1990 quelque 40% des Belges étaient déjà en surpoids, en 2021 ce problème concernait 57% des Belges.

"Nous avons à faire à une véritable pandémie d’obésité", estime le professeur Bart Van der Schueren, endocrinologue à l’hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven). Cela s’explique par une combinaison de causes. "Un facteur important est notre vie sédentaire, nous devons par exemple souvent peu bouger pour exercer notre métier. A côté de cela, il y a une offre permanente d’aliments prêts à consommer, ultra-transformés et riches en calories".

Van der Schueren n’est donc pas surpris du résultat de l’étude publiée dans The Lancet. "Les experts en obésité ne sont pas surpris. Ces chiffres se situent dans la ligne de ce que nous savons déjà".

Le professeur de l’UZ Leuven souligne que le problème de surpoids ne se limite plus aux pays occidentaux. "Cela se produit subitement aussi dans des pays qui n’en souffraient pas dans le temps, des pays que l’on n’associe pas au surpoids, comme le Nigéria". En Afrique centrale subsaharienne, la proportion de personnes en surpoids passerait de moins de 20% en 1990 à plus de 50% en 2050. En Asie de l’est, on passerait de 15% à 60% de personnes en surpoids entre 1990 et 2050.

"Dans aucun des pays analysés on ne constate une diminution ou un ralentissement du problème, pas même dans les pays aux revenus bas. Le mode de vie occidental s’est étendu au niveau international et l’obésité est devenue un fardeau mondial", estime Van der Schueren.

Plus de 200 complications possibles

"Être en surpoids est déjà une expérience peu agréable, mais elle comprend en outre toute une série de complications possibles", met en garde le professeur louvaniste. "On l’associe à 200 complications environ, comme le diabète et les maladies cardiovasculaires. L’obésité crée davantage de risques de cancer. Un excès de poids a aussi une influence sur la qualité et l’espérance de vie".

"Si l’on ne résout pas ce problème de poids sous-jacent, cela coûte beaucoup d’argent à la société. Tant que nous ne parviendrons pas à gérer la situation, cela reviendra à placer un emplâtre sur une jambe de bois", conclut l’endocrinologue Bart Van der Schueren.

Le problème de surpoids affecte aussi déjà de plus en plus d'enfants

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