Deux œuvres de l’artiste limbourgeois Koen Vanmechelen (59 ans), dont l’atelier-studio Labiomista est ancré dans l’ancienne ville minière de Genk, resteront au moins encore jusqu’en 2026 dans la ville italienne de Venise, où elles avaient participé en 2024 à l’exposition internationale d’art contemporain qu’est la prestigieuse Biennale. L’installation multimédia "Noah’s Ark" (L’arche de Noé) a été placée en février, pour un an, dans le grand hall de l’aéroport Marco Polo, tandis la sculpture "Looking for the Ark" (A la recherche de l’arche) demeurera dans les Giardini - un parc de la ville historique - où elle était exposée pendant la Biennale. "Mes œuvres acquièrent ainsi une visibilité sans précédent pour un public mondial", se réjouit Koen Vanmechelen. Entretemps, la ministre flamande de la Culture Caroline Gennez a annoncé que le nouveau spectacle "It never SSSST" de l’artiste Miet Warlop et la curatrice Caroline Dumalin sera présenté dans le pavillon belge pendant la prochaine Biennale de Venise, en 2026.
Deux œuvres de Koen Vanmechelen prolongent leur séjour à Venise après la Biennale de 2024
L’an dernier, Koen Vanmechelen avait été invité par la ville de Venise à prendre part à un partenariat à l’occasion de la 60e édition de la Biennale d’art contemporain. L’artiste conceptuel limbourgeois y présentait deux œuvres thématiquement liées: l’installation multimédia 'Noah's Ark' était exposée dans l’imposant Arsenal, tandis que la sculpture 'Looking for the Ark' était installée dans les Giardini, non loin de là. Leur séjour à Venise vient donc d’être prolongé. L’arche de Noé a été transféré en février, et pour un an au moins, à l’aéroport Marco Polo de Venise (qui accueille la plupart des vols internationaux), alors que la deuxième œuvre peut tout simplement rester dans le parc de Venise.
"Noah’s Ark invite à une réflexion sur l’identité, la migration et l’évolution - des thèmes qui sont enracinés dans mon œuvre", expliquait Koen Vanmechelen à Radio 2. "L’aéroport, un carrefour de rencontres et de pensées qui prennent leur envol, représente un contexte porteur de sens pour cette œuvre. Elle offre ainsi l’opportunité d’un dialogue élargi entre l’art et la société".
Pour concevoir son arche, Vanmechelen s’est inspiré de l’emblématique bus nautique vénitien. Il en a fait une galerie flottante à bord de laquelle il a installé des sculptures de verre et de bronze. Elles sont en compagnie d’animaux en peluche et d’objets imprimés en 3D. L’œuvre est multimédia puisque des images vidéo sont également projetées.
Les spectateurs attentifs reconnaitront quelques passagers connus de l’histoire, comme Albert Einstein, Mahatma Gandhi ou Mère Teresa. Sur le toit de l’arche, des animaux d’espèces en danger rappellent les défis écologiques de notre monde contemporain.
A la recherche de l'arche
La sculpture "Looking for the Ark" (photo) de Koen Vanmechelen est conservée dans les Jardins de Venise, où elle avait été exposée pendant la Biennale, bien qu’elle soit thématiquement liée à l’autre œuvre. Elle représente un enfant en marbre sombre qui tente de soulever une ancre de bronze terminée par une chaine de verre.
"Cette œuvre symbolise la recherche de stabilité dans un monde en perpétuel changement", explique Vanmechelen. "Venise est une ville particulière. Elle représente pour la culture ce que les Iles Galapagos sont pour la nature. En tant que pièce de la collection de la ville, mon œuvre continuera diffuser un message d’espoir".
Performance de Warlop et Dumalin au pavillon belge en 2026
Mi-février, la ministre flamande de la Culture Caroline Gennez annonçait que pour la première fois une artiste de scène représenterait la Flandre au pavillon belge à la Biennale de Venise, en 2026. Miet Warlop, metteuse en scène et chorégraphe née en 1978 à Torhout (Flandre occidentale) et Caroline Dumalin, née en 1986 à Bonheiden (province anversoise) et directrice artistique et curatrice de Morpho à Anvers, présenteront à Venise l’an prochain une nouvelle performance intitulée "It never SSST".
Un jury a choisi ce projet parmi 21 candidatures pour représenter la Flandre au pavillon belge pendant la Biennale de Venise pour les arts plastiques en 2026. La proposition de Warlop et Dumalin a convaincu le jury "par le caractère immédiat de la performance", qui "fonctionne très bien dans le contexte de présentation d’un pavillon à la Biennale".
Miet Warlop produit “des images fortes", estime le jury. Tout en soulignant que “performance" et "interdisciplinarité" sont deux forces de notre monde artistique qui n’ont jusqu’ici pas fait partie d’une présentation envoyée par la Flandre dans un pavillon à Venise. Selon le jury, les spectateurs découvriront une série de thèmes (compétences linguistiques, rituels, contourner les règles …) dans la performance de Warlop et Dumalin "au contenu très rock-'n-roll qui entraine le spectateur".
Qui est Miet Warlop ?
Miet Warlop travaille depuis 20 ans comme artiste plasticienne. Elle fait de la musique, de l’art et des performances. Elle décrit son travail comme "partir à la découverte avec d’autres dont j’apprends beaucoup de choses".
Récemment, elle a attiré l’attention avec 'One song' (une coproduction avec le théâtre gantois NTGENT). Ce spectacle a été donné en première en 2022 pendant le Festival d'Avignon, avant de faire une tournée internationale en 2023-2024. Actuellement, Warlop travaille à son nouveau spectacle 'Delirium'.
Warlop est ravie de sa sélection pour la Biennale de Venise. "Pouvoir réaliser cela avec une équipe de gens et être honorée par un jury courageux est incroyable pour mon parcours. Cela provoque des émotions qui dépassent la gratitude. C’est un honneur de recevoir une reconnaissance de la Belgique dans ce contexte. Je dois ouvrir les fenêtres, ma maison est remplie d’agitation”.
Regardez la bande annonce de 'One song':
Warlop collaborera avec Caroline Dumalin pour le projet vénitien. Cette dernière est directrice artistique et curatrice de Morpho à Anvers - une organisation qui plaide pour la place de l’artiste dans la ville et soutient la mobilité des artistes au niveau local comme international. Elle a travaillé dans le passé au centre d’art contemporain Wiels à Bruxelles et comme curatrice indépendante pour le festival Europalia.
"L’art doit se trouver au centre de la société, défier et rassembler les gens", estime la ministre flamande de la Culture Caroline Gennez. "Dans le cadre d’un événement de masse comme la Biennale de Venise, c’est une mission difficile. Nous sommes convaincus que Miet Warlop en est capable. Avec sa contribution au pavillon belge, nous présenterons une grande œuvre flamande sur une scène internationale d’exception", concluait Caroline Gennez.
