Les eaux usées en Flandre et à Bruxelles contiennent jusqu'à 11 fois plus de kétamine qu'il y a 10 ans. C'est ce que révèle une étude de l'Université d'Anvers. A l'origine, la kétamine est un médicament utilisé en anesthésie. Depuis quelque temps elle est détournée de son usage médical et est utilisée comme une drogue festive pour ses effets stimulants à faible dose, hallucinogènes et dissociatifs à dose plus élevée.
On trouve 11 fois plus de kétamine dans les eaux usées en Flandre et à Bruxelles qu’il y a 10 ans
La consommation de kétamine a augmenté au cours des dix dernières années. Et même davantage que prévu. C'est ce qu'affirme le chercheur doctorant Natan Van Wichelen (UAntwerpen).
"Dans certaines villes flamandes, nous avons trouvé de 7 à 11 fois plus de kétamine dans les eaux usées qu'en 2012. Cela confirme que la kétamine gagne en popularité."
Pour ce faire, l'Université d'Anvers a analysé des échantillons d'eaux usées provenant de 26 sites répartis en Flandre et à Bruxelles. Ils ont recherché les produits de dégradation de la kétamine chez l'homme, principalement dans l'urine. Pour être certains des résultats, ils n'ont mesuré que la kétamine consommée par les humains.
Qu'est-ce que la kétamine ?
La kétamine est un médicament utilisé en anesthésie dans les hôpitaux (et en médecine vétérinaire). Mais elle est également utilisée comme drogue festive illicite, sous le nom de "ket", "Special K" ou "Vitamine K". La kétamine se présente sous forme de poudre cristalline blanche, elle est alors généralement absorbée par voie nasale.
Outre ses effets de sédation et de soulagement de la douleur, la kétamine peut également provoquer des hallucinations. Elle peut entraîner des nausées, des psychoses, et, à des doses trop élevées, une grave privation d'oxygène.
À long terme, l'utilisation de la kétamine peut causer des infections chroniques de la vessie, des lésions cérébrales et des troubles psychotiques.
Une drogue de plus en plus répandue
"On a observé une augmentation des quantités de kétamine saisies et des admissions à l'hôpital dues à une consommation excessive de kétamine. C'est pourquoi nous voulions examiner si cette tendance était également visible dans les eaux usées", déclare Natan Van Wichelen. " Mais nous ne nous attendions pas à des augmentations aussi importantes."
Le grand avantage des eaux usées réside dans le fait que tout le monde participe à notre étude. Cela nous permet de dresser un tableau complet de la consommation de substances illégales, comme la kétamine, qui est plus difficile à cartographier par d'autres méthodes.
Des recherches antérieures menées par le Centre flamand d'expertise sur l'alcool et les autres drogues (VAD) auprès de fêtards ont déjà montré que la kétamine est une drogue illicite de plus en plus répandue. Les concentrations les plus élevées ont été observées dans les villes et dans les régions proches de la frontière néerlandaise. Cependant, notre étude montre que son usage dépasse même les cercles festifs, et ce dans des zones urbaines comme rurales.
Consommée en semaine également et en dehors de l’environnement festif
Autre constatation surprenante : la kétamine n'a pas été détectée dans les eaux usées en grandes quantités uniquement le week-end. "Nous avons vraiment trouvé de grandes quantités de kétamine en semaine également", déclare Van Wichelen.
La kétamine est sans aucun doute une drogue festive, mais elle dépasse ce cadre. La consommation reste relativement stable tout au long de l'année, contrairement à d'autres drogues festives qui connaissent des pics pendant les vacances ou les festivals avant de disparaître. En revanche, la kétamine est consommée à la fois dans et en dehors de l'environnement festif.
