Le nom Herrmann-Debroux fait penser immédiatement à une station de métro, à un viaduc et à un nom d'avenue. Ces endroits semblent à première vue faire référence à une personne portant un nom de famille composé, mais cela n'est que partiellement vrai. Il y a en effet aussi une dimension plus historique et romantique. C'est le sujet que nous propose de découvrir l’hebdomadaire BRUZZ dans sa rubrique Big City.
Quels sont les noms de rues les plus romantiques à Bruxelles et pourquoi ?
Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.
Carl Herrmann était le fils d'un père allemand et d'une mère belge, il est né en 1877 à Saint-Josse-ten-Noode. Il étudia le droit à l’ULB et devint un brillant avocat. Puis il se lança dans la politique et choisi le parti libéral. En 1902, Carl Hermann épousa Jeanne Debroux. Et après avoir été conseiller communal puis échevin, il devint bourgmestre de la commune d’Auderghem, en 1912.
Pendant la Première Guerre mondiale, le Bourgmestre Carl Herrmann fut particulièrement actif dans l'aide humanitaire et dans le réapprovisionnement de la population. Il comprit également rapidement qu'il ne pouvait pas résoudre seul les défis de sa commune. Il chercha du soutien auprès de son ami Adolphe Max, qui était alors bourgmestre de Bruxelles. Cela a conduit à l'intégration d'Auderghem dans l'agglomération bruxelloise, ce qui facilita son approvisionnement.
Au cours de la guerre, l'atmosphère devient de plus en plus hostile à l’égard tout ce qui avait une consonance allemande et, en 1915, Carl Herrmann ajouta le nom de famille de son épouse au sien. Une décision purement politique ? Non, ce fut aussi un geste romantique. C'est ainsi qu'est né le nom Herrmann-Debroux, qu'il utilisa toujours à partir de ce moment là, sur les rapports du collège échevinal.
Une avenue, un viaduc et une station de métro
Après la guerre, son parti perd sa majorité et c’est ainsi qu’il perd son écharpe maïorale en 1921, mais le nom Herrmann-Debroux perdure.
Le 20 juin 1925 (de son vivant donc), la commune d'Auderghem nomma une avenue en son honneur. Celle-ci donna ensuite son nom au viaduc autoroutier qui y fut construit vers 1970, puis à la station de métro en 1985.
Ainsi, la mémoire de l'homme politique resta vivante, tout comme l'hommage rendu à son épouse Jeanne Debroux.
Encore plus romantique
L’avenue Herrmann-Debroux n'est pas le seul exemple de rue bruxelloise aux origines plus ou moins romantiques. A Laeken, l'avenue Houba de Strooper porte le nom de Louis Houba. Ce dernier était le fils d'une mère célibataire, Thérèse Houba, ce qui a l’époque était très mal vu. Comme Carl Herrmann, il décida d’ajouter le nom de famille de sa femme, Adèle de Strooper, au sien.
Malgré la consonance aristocratique de son nom, Louis Houba n'était pas issu de la noblesse, mais un Bruxellois ordinaire qui, peut-être involontairement, a honoré sa femme en ajoutant son nom au sien.
Certes, ces histoires ont un côté opportuniste. Les deux hommes n'ont pas agi uniquement par romantisme. Carl Herrmann-Debroux voulait se débarrasser de la consonance allemande de son nom et Louis Houba de Strooper ne souhaitait pas être associé au scandale d’une mère célibataire. Mais pour l'époque, il s'agissait peut-être d'un geste extrêmement progressiste et romantique.
