La Commission européenne a donné ce vendredi son feu vert à la prolongation de vie des réacteurs nucléaires de Doel 4 (Flandre orientale) et Tihange 3 (province de Liège). A condition de quelques aménagements, l'exécutif européen a validé le soutien de l'Etat belge pour l'opération.
Feu vert européen à la prolongation des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3
Fin 2023, le précédent gouvernement fédéral et le producteur d’énergie Engie ont trouvé un accord sur la prolongation pour dix ans des deux réacteurs, soit jusque fin 2037 au plus tard. La mesure, qui mettait fin à la sortie programmée du nucléaire par la Belgique depuis deux décennies, vise à garantir la sécurité d'approvisionnement du pays après les restrictions des importations énergétiques russes à la suite de la guerre en Ukraine.
La Commission européenne avait ouvert une enquête pour déterminer si le soutien financier de l'Etat belge prévu pour l'opération était conforme aux règles européennes et évaluer son impact sur le marché européen de l'électricité. L'exécutif européen a notamment examiné les conditions de garanties sur les prix pour le courant produit par les deux réacteurs, le montant de 15 milliards d'euros prévu pour couvrir les frais de gestion des déchets nucléaires, ainsi que la création d'une joint-venture avec Electrabel.
Sur base de l'examen du dossier, la Commission a conclu ce vendredi que l'aide était "nécessaire et appropriée" pour atteindre l'objectif poursuivi et qu'elle était "proportionnée dans la mesure où elle est limitée au minimum nécessaire et que les distorsions de concurrence causées étaient réduites au minimum", selon un communiqué de la Commission européenne.
Le nouveau ministre fédéral de l'Energie, Mathieu Bihet (photo), a salué cette décision. "Cette validation par la Commission européenne marque une avancée importante pour la transition énergétique du pays. En combinant énergies renouvelables et nucléaire, la Belgique renforce son indépendance énergétique, tout en garantissant une électricité abordable, bas carbone et la sécurité d'approvisionnement".
Une relance l’hiver prochain ?
Lorsqu'il a décidé de prolonger les deux réacteurs les plus récents du parc belge, le gouvernement De Croo avait fixé l'échéance de l'hiver 2025-2026 pour une remise en fonction. Le gouvernement actuel travaillera avec Engie à la rédaction des derniers documents afin que le délai soit respecté.
Le gouvernement De Croo n'avait par ailleurs pas pu se mettre d'accord durant la période d'affaires courantes sur la désignation des membres relevant de l'Etat belge dans le comité de direction de Hedera, la société créée pour accueillir les 15 milliards d'euros de provisions nucléaires que doit verser Engie. Le nouveau gouvernement s'est accordé sur deux membres ad interim désignés dans la liste des candidats ayant postulé pour cette fonction.
Le gouvernement De Wever a également désigné le CFO (directeur financier) de BeNuc, la joint-venture constituée par Engie et l'Etat belge pour exploiter les deux réacteurs prolongés. La nomination du président est attendue "rapidement". Aucun nom n'a encore été communiqué.
