Réagissant aux vives critiques que suscitent les négociations entre les Américains et les Russes à propos de l’Ukraine - sans que le président Zelensky ni des représentants de l’Union européenne n’y soient conviés -, le Premier ministre belge a estimé que "l’idée que nous devions accepter sur notre continent un accord dans lequel nous n’ayons pas été impliqués et dont nous devrons subir les conséquences, est totalement inacceptable". Bart De Wever aura ce vendredi un entretien téléphonique avec le président Zelensky.
De Wever : "L'idée que l'Europe doive accepter un accord dans lequel nous ne sommes pas impliqués est totalement inacceptable"
A la question de savoir si les Etats-Unis sont encore un allié de l’Europe, Bart De Wever estime qu’il "faut voir plus loin qu’un président". "L’Otan est une alliance qui existe déjà depuis des décennies. C’est la meilleure garantie pour notre sécurité et elle unit l’Occident libre et démocratique".
Bart De Wever estime que Donald Trump "met les choses fortement sous pression" avec ses déclarations et ses actions. "Il me fait penser au 18e siècle, avec la guerre de Succession d’Espagne et le Traité d’Utrecht (1713). On y a dit : "Nous négocions à votre propos, en votre présence mais sans vous". C’est le même message qui vient de la Maison Blanche, pour conclure un accord avec Poutine. C’est un signal d’alarme dur".
Nous avons un chemin tracé vers 2% du PIB, mais je n’exclus pas que ce soit insuffisant pour la communauté internationale et que nous devions faire un effort supplémentaire
Bart De Wever, Premier ministre
Le Premier ministre indiquait aussi ce jeudi que son gouvernement discutera de la nécessité, ou non, de revoir son plan qui doit accroître les dépenses belges en matière de défense pour les faire monter à 2% du produit intérieur brut. Il se peut que l’Otan les estime insuffisantes. "Notre pays a déjà promis d’être un bon élève de l’Otan, mais ne l’a jamais concrétisé".
"La situation géopolitique nous rattrape maintenant. Nous avons un chemin tracé vers 2% du PIB" d’ici 2029, "mais je n’exclus pas que la communauté internationale le considère comme insuffisant et que nous devions faire un effort supplémentaire".
Bart De Wever veut aussi avancer vers la mise en place d’une force de défense européenne. "Nous devons nous préparer à une menace venant de la Russie", indique le Premier ministre. Il estime que l’Europe en fait déjà beaucoup, mais que cela reste fragmenté. Les Européens ont trop de systèmes d’armement différents, ne font pas d’achats ensemble et produisent trop peu.
Au téléphone avec Zelensky
Le Premier ministre a également indiqué à la Chambre qu’il s'entretiendra ce vendredi après-midi par téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Cela se fait dans la discrétion".
Le Premier ministre a participé mercredi en vidéoconférence à une réunion organisée par le président français Emmanuel Macron à propos de la guerre en Ukraine et à l'avenir de la Défense européenne. L’entretien avec Zelensky y fera suite.
